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Culture numérique

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mercredi 6 janvier 2010

Garder ma page Facebook, ma première résolution pour 2010 ...

L’un des 50 “amis” de ma page Facebook déclare, sur la sienne, que parmi les bonnes résolutions qu’il a prises pour 2010, il en est une qui concerne Facebook avec lequel il veut rompre parce que c’est un leurre. De quoi se plaint-il ? Il a près de 300 “amis” et pour son anniversaire il y en a 50 d’entre eux qui pensent à lui et le congratulent !!

Il y a exactement deux ans, j’avais déjà fait un papier sur Facebook. Formé aux relations plus conventionnelles que sont les mails, la gestion d’un site, voire la tenue d’un blog, j’ai longtemps hésité à ouvrir ma propre page. Et aujourd’hui, force est de dire que mes attentes ne sont pas comblées.

Quitte à perdre souvent beaucoup de temps, je fréquente avec assez d’assiduité les pages de mes “amis”, voire celles des “amis” de mes “amis” quand ils en autorisent l’accès. Et que trouve t-on sur ces pages ? Tout d’abord, comme cité ci-dessus, beaucoup de messages qui tournent autour des célébrations offertes par le calendrier: Noël, Jour de l’An, Aïd, Ramadan, fêtes et surtout anniversaires. L’avantage de ces messages est qu’ils sont plus spontanés que s’ils devaient être écrits, même sous forme électronique.

Le second type de messages porte sur la vie plus ou moins privée de chacun; les absences de l’aimé(e), la reprise difficile après les fêtes, le mauvais ou le beau temps durant les vacances, bref ce que chacun raconte lorsqu’il rencontre un ami au coin de la rue: “Comment ça va ?“-”Bien, et toi ?“. Sérieusement, je ne vois pas là une avancée notable dans les contenus de communication.

Le troisième type d’interventions concerne les vidéos glanées sur le net et indéfiniment retransmises des uns aux autres. L’humour en est le dénominateur commun et les commentaires se cumulent “waaaouh“, “j’aime“, …

Enfin, les prises de parole du quatrième type sont celles des ados ou de ceux qui sont restés ados: elles concernent des soirées, des photos de teuf, des déclarations d’amour éternel, …

Do you have a Facebook ?

Au total, beaucoup de choses et beaucoup d’échanges qui diffèrent peu de ce que l’on peut rencontrer chaque matin en allant acheter son pain et son journal. Mais ici, la rue commerçante mesure quelques 40 000 km, le tour du monde. Très honnêtement, je suis bien incapable de discerner avec certitude la vraie personnalité ou les vraies passions de la plupart de mes “amis” électroniques, tant leurs interventions sont de circonstance, de façade ou de comédie.

Quand je regarde la liste de mes “amis”, il est vrai qu’à une ou deux exceptions près, ils sont tous plus jeunes que moi. Et que nombreux sont ceux que j’ai connus à l’occasion de ma vie et de mes déplacements professionnels. Malgré plusieurs tentatives, les amis (ceux de la vraie vie !) de ma génération ne m’ont jamais rejoint sur Facebook. Dommage ! J’avais espéré que les échanges d’idées, les débats sur les questions qui nous agitent peu ou prou, auraient pu trouver là une tribune. Las …

Et pourtant, moi, je la garde ma page Facebook !! Comme une porte ouverte !! Comme un élixir de jeunesse !!

dimanche 8 novembre 2009

TIC d'Afrique

C’est un itinéraire en quelques clics que je viens de réaliser et qui mérite d’être rapporté.

Tout d’abord, grâce à une “alerte Google”, j’ai fais la découverte du blog “Africascopie” réalisé par Jean Abbiateci et Antonin Sabot. Ils sont deux journalistes qui, pour le compte du Monde.fr, sont allés de Bamako à Dakar, du 19 octobre au 7 novembre, pour explorer, analyser, comprendre les conséquences des TIC dans le quotidien des africains.

(Je note au passage que l’efficacité du référencement des blogs du Monde est telle que ce n’est qu’aujourd’hui 8 novembre qu’une “alerte Google” exclusivement axée sur le mot Mali, me signale ce blog, alors qu’il existe depuis le 2 octobre 2009 et que le mot MALI est le plus gros de son nuage de tags !!).

Je vous laisse découvrir “Africascopie “, mais j’en retiens immédiatement deux infos qui complètent et renforcent mes récents commentaires :

- l’utilisation de plus en plus subtile des techniques de la communication, internet ou téléphone portable, pour de multiples nécessités de la vie de tous les jours ou de l’activité économique (gestion des commerces, recherche de bétail égaré, traçabilité des mangues (!), sensibilisation sanitaire, …),

- le coût toujours élevé de l’abonnement téléphonique ou de la connection internet.

Au fil des posts, une découverte. Celle de Boukary Konaté , dont le blog “Fasokan ” aborde lui aussi le rôle et l’impact d’internet en Afrique. “Je suis beaucoup plus intéressé par la prise en compte des langues africaines dans le domaine des NTIC et de permettre une liaison linguistique entre tous les pays du monde à travers des échanges sur les blogs. Si c’est à travers la langue que l’homme exprime sa pensée, si c’est à travers la langue que l’homme communique avec les autres, si la langue est un des grands repères de la sauvegarde de la culture, alors chaque langue a sa place dans le domaine des NTIC pour un échange d’expérience et de culture“.

Boukary Konaté

Mettant en pratique cette profession de foi, Boukary Konaté nous propose le blog “Fasokan ” en bambara , en anglais et en français. Pour ma part, mettant en pratique cet appel à l’échange d’expérience et de culture, j’ajoute Fasokan à ma blogroll. Bienvenue.

mercredi 14 octobre 2009

Les câbles de l'Afrique

Le 22 avril, dans un article provocateur (Faut-il mettre un terme à l’aide à l’Afrique ? ), je publiais une carte représentant la capacité des câbles sous-marins installés sur la planète à usage des télécoms (phonie, internet).

Cette carte montrait un dérisoire petit fil longeant les côtes de l’Afrique de l’Ouest alors qu’une nappe intense relie l’Europe à l’Amérique et l’Asie à l’Amérique.

J’ai voulu en savoir davantage sur ce sujet très particulier et dont on n’entend pas parler ou si peu.

Le petit fil est en fait le câble SAT-3 en service depuis 2002 qui relie, seul de son état, le Portugal et l’Espagne à l’Afrique du Sud via des “escales” aux Canaries, Dakar, Abidjan, Accra, Cotonou, Lagos, Douala, Libreville et Cacuaco (Angola). Au-delà de l’Afrique du Sud, ce câble, appelé SAFE, rejoint l’Ile Maurice et l’Inde.

Depuis quelques mois, les choses changent et s’accélèrent véritablement. On est en droit de penser que l’Afrique s’ouvre enfin aux télécommunications rapides. C’est à l’Est du continent qu’a été inauguré en juillet de cet été un câble optique connectant l’Afrique du Sud au Mozambique, à la Tanzanie, mais aussi à Marseille, Londres et Bombay: SEACOM. Seul perdant de ce câble, la Somalie qui n’est pas connectée.

Le mouvement ne s’arrête pas là.

En Afrique de l’Ouest, deux câbles vont être mis en service: GLO-1 en fin d’année et MalN-OnE dans un an.

A l’est du continent, ce sont TEAMs et EASSYs.

Mais ce n’est pas tout.

France Telecom installe un troisième câble: ACE qui, prévu initialement pour relier la France au Gabon, sera prolongé jusqu’en Afrique du Sud (2011). Le consortium est composé actuellement de 17 opérateurs dont toutes les filiales africaines d’Orange.

Un quatrième câble; WACS, est prévu pour 2011 également et reliera l’Afrique du Sud à l’Angola, le Congo, le Cameroun, le Nigeria, le Togo, le Cap Vert, les Canaries, le Portugal et le Royaume Uni.

Que dire de cette formidable explosion ?

Il est évident, et la Banque Mondiale le souligne, que l’ouverture du Continent à l’internet ne peut qu’être une source de développement économique et culturel: Education, Médecine, Information, Tourisme, Commerce, Démocratie, … ne peuvent qu’y gagner.

Voici quelques mois, les commentateurs étaient nombreux à supputer une appropriation occidentale du secteur des télécoms africaines. France Telecom et Orange faisant office d’épouvantails, accusés qu’ils sont d’être souvent en position dominante, aussi bien dans les câbles que dans les réseaux d’opérateurs. Mais les choses ne se passent pas ainsi et sont loin d’être aussi simples que cela. Si ACE est une réalisation majoritairement ( et de loin !) France Telecom, ce n’est pas le cas des autres tuyaux.

SEACOM appartient aux 3/4 à des investisseurs africains dont certains sont le bras armé de la Fondation pour l’Economie du Prince Karim Aga Khan IV du Pakistan.

EASSYs est à 90% africain.

TEAMs appartient au Kenya (85%) et le reste aux Emirats Arabes Unis.

Tata (Inde) et MTN (Afrique du Sud) sont présents dans WACS.

Du coté des opérateurs, la fébrilité est identique. Le marché des télécoms est extrêmement prometteur, sa croissance promet d’être rapide. Aussi, les candidats sont nombreux. Si Vivendi et Orange se partagent encore une bonne part de l’Afrique de l’Ouest, ils vont rapidement rencontrer des challengers venus d’Asie, du Proche-Orient ou d’Afrique du Sud. Et des challengers qui ont la dent dure.

Vivendi n’a pas réalisé la fusion souhaitée avec Zain (Koweit). Il s’en est fallu d’un ou deux milliards d’Euros.

MTN (Afrique du Sud) et Bharti Airtel (Inde) ont eu des discussions en vue d’une fusion qui en aurait fait le 3° opérateur mondial de mobiles.

Cette forte concurrence entre opérateurs venus des quatre horizons devrait faire baisser de façon très importante le coût des communications. Au Mali, une offre spéciale Ramadan a entraîné récemment une quasi saturation des réseaux tant la demande est forte. Mais pour que le tableau soit complet, il faudrait que l’Afrique mette en place très rapidement une gouvernance internationale spécifique en ce domaine. Marchés, tarifs, tout est à maîtriser. Et puis, si les pays côtiers sont reliés au monde, les pays de l’intérieur risquent de rester tributaires des liens existants et peu nombreux. Pour exemple, le Mali est relié actuellement à SAT-3 par deux fibres optiques, l’une via Dakar et l’autre via Abidjan.

Pour conclure sur ce thème des télécoms en Afrique et surtout sur les câbles sous-océaniques, je dirai qu’il est quasiment inexistant sur l’internet. Par grande chance, il existe le site de Steve Song; “Many Possibilities “. Steve est un spécialiste sud-africain des télécoms et un passionné de l’étude de l’influence des communications et de l’internet sur nos vies et modes de vie. Son site contient une carte de tous les câbles desservant l’Afrique. La voici datée de Juillet 2009.

Les câbles de l'Afrique 28/07/2009 (c)Steve Song

Elle est régulièrement mise à jour par Steve, et c’est pourquoi je vous donne aussi le lien pour l’ouvrir en SVG . Merci infiniment à Steve Song (Thank You Steve) et n’hésitez pas à lire sa page OpenConcept 1.0.

A lire également ce post du Monde diplomatique .

samedi 12 avril 2008

Briser la chaîne ...

Il existe, dans le monde de l’Internet, des milliers de chaînes dont, certaines, tôt ou tard, viennent atterrir sur votre écran. Après un discours ronflant, illustré par de pauvres images, vous êtes invité à redistribuer ce que vous venez de recevoir à 10, 20, 50 de vos amis. Si vous le faîtes, c’est tel ou tel enfant qui sera sauvé, c’est le tiers-monde qui aura à manger, c’est la richesse qui vous trouvera sur son chemin, c’est la puissance sexuelle, etc … etc …

Si vous ne le faîtes pas, c’est assurément la malchance, la maladie, n’importe quelle catastrophe qui vous tombera dessus.

La bêtise a toujours été présente, mais sur le net elle n’a aucune limite ! Pour votre sécurité (certaines chaînes sont accompagnées de virus) et pour votre liberté … brisez net toute chaîne qui vous est adressée.

Pour en savoir plus, visiter le site www.hoaxbuster.com

jeudi 3 janvier 2008

Facebook and Co

80% des internautes français (IFOP 11/12/07) s’opposent à l’idée que Facebook puisse permettre que leur soient adressés des messages publicitaires ….

Partant du principe que 60% seulement des internautes français ont mis un pied, un jour, dans un réseau social, et qu’on peut penser que c’est sur Facebook pour 35 à 40% d’entre eux, cela fait beaucoup de gens qui parlent sans savoir de quoi ils parlent ou parce que l “air ambiant” leur a dicté leur réponse.

Par ailleurs, quand ils ont dit cela, ils n’ont rien dit d’intéressant car le vrai questionnement n’est pas celui-ci.

Premièrement, notre civilisation a pour fondement vital (au sens fondamental) l’échange et le commerce. C’est ainsi que les hommes ont découvert le monde, c’est ainsi que les hommes ont découvert les hommes (d’autres …). Et chaque “commerçant” a toujours fait l’indispensable pour satisfaire le besoin, le choix, le goût de son “client”. Lorsque j’étais gosse, mon père se faisait faire ses chaussures par un cordonnier-chausseur. Quand le moment était venu de passer commande d’une nouvelle paire, l’artisan avait déjà une idée très nette du modèle qu’il pouvait lui proposer: taille, couleur de cuir, vachette doublée, formes, … tout simplement parce qu’il avait “fiché” chacun de ses clients, même si ce n’était que dans sa tête.

Actuellement, mon boucher ne fait pas autre chose lorsqu’il me propose une bavette, une araignée ou un bifteck taillé dans la hampe, car il sait que j’ai une prédilection pour ces morceaux. Il m’a fiché ! Plus “grave”, il fait partie d’une association commerciale et le fichier des clients est mis en commun, ce qui fait que tous peuvent recevoir une offre pour un plateau de réveillon comme pour des soldes en prêt-porter (et là c’est mon épouse qui reçoit le courrier !).

Enfin, dernièrement, j’ai commandé par Internet un film à la FNAC: “Le Tombeau Hindou”, de Fritz Lang. Huit jours plus tard, la FNAC m’adressait un mail me rappelant cet achat et me précisant que d’autres films de Fritz Lang étaient à ma disposition. Alors là, je suis non seulement fiché, mais ciblé !

Deuxièmement, s’opposer vertueusement à l’idée de recevoir des publicités ciblées n’aura de sens que tant que l’on acceptera de payer le juste prix des prestations qui sont mises à disposition sur Facebook et ses milliers d’applications (je sais, la majorité d’entre elles ne coûtent rien et sont inutiles !!) ou sur l’internet en général. Mais si l’on veut pratiquer un système où la gratuité apparente est la règle, il faut bien quelque part en payer le prix. C’est ce que l’on appelle un autre modèle économique (c’est la même chose pour le téléchargement musique ou film).

C’est alors que se pose la vraie question quant au rôle que voulait jouer Facebook et dont ses pratiquants l’ont quelque peu dissuadé pour le moment. En raison du premièrement et en raison du deuxièmement, j’accepte de recevoir des publicités ciblées, MAIS Facebook peut-il me dire en tous temps et en tous lieux à qui il remet (il vend) mes données personnelles en me laissant la liberté de l’accepter ou de le refuser ? Je connais mon boucher, je connais la FNAC, je veux connaître les clients de Facebook qui viendront demain m’interpeler. Ce qui était possible dans mon quartier doit l’être dans le village planétaire.

Puisqu’on parle de village planétaire, juste un mot pour expliquer à ceux qui me disent que Facebook contient beaucoup de choses inutiles, que cela a toujours été le cas avec tous les médias. Qui peut prétendre qu’il n’existe pas d’écrits ou d’images stupides, pernicieux, voire parfois dangereux, …? A vous de mettre de la valeur dans l’outil qu’est le réseau social !

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