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mardi 26 juin 2018

Marseille; dix petites choses que je connais d'elle.

Marseille est une ville bien méconnue, qui jouit d’une réputation bizarre, surfaite et largement erronée, qui en donne une image assez singulière.
Sans que l’inventaire qui va suivre soit exhaustif, voilà au moins dix pistes à suivre pour découvrir la ville tout autrement.

1- Où dormir ?

Les hôtels n’y sont pas très nombreux, mais le 11° Arrondissement de Marseille n’est plus ... à Marseille. Des «villages» s’y côtoient: de vrais villages où le silence se fait lorsque tous les habitants sont rentrés chez eux. Parmi eux, celui de la Treille et celui, «historique», des Camoins, situés à l’extrémité est de la commune. Ces deux villages sont restés fidèles à l’imagerie de Pagnol: c’est ici qu’il est inhumé avec toute sa famille et que de nombreuses scènes de ses films y ont été tournées.

Marseille-La Treille-Camoins (JB)
Marseille-La Treille-Camoins (JB)

2- Le Vieux Port.

D’un seul coup, d’un seul, nous allons visiter le Vieux Port, son marché aux poissons tous les matins, son ferry-boat électrique (le ferry-boâte), son ombrière signée par Norman Foster, sorte de miroir ultra-mince de plus de 1000 m², et sa gare du Petit Train de Marseille.

Marseille-Marché aux poissons (JB)
Marseille-Ombrière (JB)

3-Le Fort Saint-Jean et le MUCEM.

Le quartier est riche en découvertes que l’on peut enchaîner les unes aux autres. A l’extrémité du Quai du Port, rive nord du Vieux Port, se trouve le Fort Saint-Jean. Avant que d’y pénétrer, il faut en faire le tour par une promenade magnifiquement aménagée en bordure d’eau. L’entrée du Fort permet d’accéder à quelques salles d’exposition et à un jardin botanique méditerranéen, lequel ouvre l’accès à un chemin de ronde. Une passerelle de béton signée de l’architecte Rudy Ricciotti, suspendue au-dessus du vide, permet d’atteindre le bâtiment du MUCEM, ceint d’une résille de béton photogénique en diable en plus d’être un exploit architectural.
Après une visite approfondie des expos permanentes et temporaires, sortez donc par le rez-de-chaussée et allez visiter la Cathédrale de la Major. Ou, en d’autres termes, Cathédrale Saint-Marie Majeure ! Cette cathédrale de pierre en lits alternés verts et blancs, édifiée au XIX° siècle, est offerte sur une vaste esplanade minérale et chaude.
Retour au MUCEM (le billet est valable la journée), retour sur le toit-terrasse, emprunt de la grande passerelle afin de rejoindre le Fort Saint-Jean et traversée par la petite passerelle de béton fibré afin de rejoindre l’église Saint-Laurent.

Marseille-Fort Saint-Jean (JB)
Marseille-Mucem (JB)
Marseille-Mucem (JB)
Marseille-Mucem (JB)

4-Le quartier du Panier.

L’église Saint-Laurent, église paroissiale du quartier, est la seule église médiévale qui nous soit parvenue. Le Panier est resté un quartier populaire, avec ses ruelles étroites et taguées et ses escaliers. Le tourisme y a pris sa part et la place de Lenche est devenue une grande terrasse, cependant le charme du quartier est toujours perceptible. Retour sur le Port par la Maison Diamantée (fin du XVI°) et l’Hôtel de Ville, édifice baroque du XVII°.

Marseille-Le Panier (JB)
Marseille-Le Panier (JB)
Marseille-Maison Diamantée (JB)
Marseille-Hotel de Ville (JB)
Marseille-Hotel de Ville (JB)

5- Madrague de Montredon.

Nous sommes à l’extrémité sud-ouest de la commune, aux portes du Parc des Calanques. Loin de la ville.Et toujours à Marseille ! Pour y parvenir, il faut prendre la route côtière au Pharo, passer le Vallon des Auffes, l’anse de Malmousque d’où l’on a un beau point de vue sur les Iles du Frioul et le Chateau d’If, la Pointe du Roucas Blanc, la plage du Prado, et continuer sans s’inquiéter des panneaux qui vous indiquent que «le retour est difficile» !?
Montredon est un petit village de pêcheurs, son port compte moins de cent anneaux et lorsque le soleil se couche sur la Méditerranée, il fait bon manger quelque poisson en terrasse. Il est interdit de plonger ou de se baigner dans le petit port, bien qu’il soit tagué sur le panneau «on est chez nous, on fait ce qu'on veut».

Marseille-Madrague de Montredon (JB)
Marseille-Madrague de Montredon (JB)

6- Friche Belle de Mai.

Il s’agit d’une ancienne manufacture des tabacs, la plus importante de France en 1960. Puis vient le déclin de la fabrication du tabac en France et les bâtiments sont fermés en 1990. Outre les Archives Municipales et la Conservation du Patrimoine, les bâtiments accueillent une soixantaine de structures et d’associations culturelles de toutes sortes, des restaurants, une halte-garderie, un skate-park, un jardin d’enfants, ... La Friche Belle de Mai est un lieu de rencontre et de création qu’il faut découvrir. Sous des allures d’espace alternatif, il s’agit bel et bien d’une coopérative d’actions culturelles, bien organisée et bien efficace. En témoignent les affiches des spectacles et manifestations organisés très régulièrement dans ces lieux.

Marseille-Friche Belle de Mai (JB)
Marseille-Friche Belle de Mai (JB)
Marseille-Friche Belle de Mai (JB)
Marseille-Friche Belle de Mai (JB)

7- Le Palais Longchamp.

Quelques pas, la voie ferrée et quelques minutes séparent ces deux mondes que sont la Belle de Mai et le Palais Longchamp. Qui n’est pas un palais ! Mais le Château d’eau de la ville de Marseille, flanqué du Musée des Beaux-Arts et du Muséum d’Histoire Naturelle, deux organismes qui ont perdu beaucoup de leur importance au bénéfice d’autres institutions. Reste le Château d’eau ! Une somptueuse réalisation édifiée entre 1862 et 1869, sous la direction de l’architecte Henry Espérandieu, afin de recueillir les eaux de la Durance, détournée, pour que Marseille cesse d’être condamnée à la sécheresse. Deux portails ouvrent sur deux allées qui entourent bassins et escaliers d’eau jusqu’à rejoindre une monumentale colonnade entourant un arc de triomphe. De celui-ci s’échappe le char de la Durance, tiré par quatre taureaux puissants et trois fois plus grands que nature. L’eau coule, gicle, éclabousse, cascade de partout !

Marseille-Palais Longchamp (JB)
Marseille-Palais Longchamp (JB)
Marseille-Palais Longchamp (JB)

8- Notre Dame de la Garde.

Surnommée «La Bonne Mère», cette basilique culmine à plus de 150 mètres au-dessus de Marseille. Tout autour de sa plate-forme, il est loisible de découvrir l’intégralité de la ville en un gigantesque panorama. Son architecte est connu: Henry Espérandieu, celui qui a construit le Palais Longchamp et qui était directeur des travaux d’édification de La Major (architecte Vaudoyer). L’alternance des lits de pierres vertes et blanches en est un signe caractéristique. Pour atteindre ND de la Garde, rien ne vaut le Petit Train de Marseille qui atteint son but après un long tour du Vieux Port, un passage vers le Pharo, un point de vue sur les Iles du Frioul, puis la longue montée vers la basilique.

Marseille-ND de la Garde (JB)

9- La quincaillerie Empereur.

Sans doute la plus vieille quincaillerie de France ! On y trouve de tout ! absolument de tout ! Dans un décor de la première moitié du XIX°, puisqu’elle a été créée en 1827, voici le magasin dans lequel vous pourrez acheter vos outils et accessoires de bricolage, d’électricité tels douilles, ampoules et câbles, vos couteaux et autres objets culinaires, vos savons, vos vêtements, serviettes et torchons, les anciens jeux d’enfants, votre vaisselle, vos bougies, et même les tapettes à souris, les fers à chaussures et les filets presse-citron. La Maison Empereur se trouve au 4 de la rue des Récolettes, dans le 1er arrondissement. N’oubliez pas de lui rendre visite !

Marseille-Quincaillerie Empereur (JB)

10- La Cité Radieuse de Le Corbusier.

Il ne s’agit pas d’un immeuble ! Mais d’un ensemble d’habitations regroupées en une sorte de «village vertical» sur pilotis, construit voici près de 70 ans. Dans ce «village», existent 337 appartements de 23 types différents, répartis sur un ou deux étages (duplex), voire trois étages (triplex). Les circulations se font par de très larges couloirs permettant les rencontres et les échanges. Le «village» dispose de sa «rue» commerçante, de son hôtel, de sa librairie, de son école maternelle, de sa crèche et le toit-terrasse est ouvert aux promenades, parcours sportifs et même à la baignade dans une petite piscine. C’est à visiter, ne serait-ce que pour découvrir une utopie architecturale, bien rarement imitée.

Marseille-Cité Radieuse Le Corbusier (JB)

vendredi 26 décembre 2014

Voeux pour 2015

Le cérémonial est un peu toujours le même, les vœux sont sensiblement identiques: la paix, l'amitié, la générosité, la solidarité, l'amour ... et la santé.
Ce qui fait avancer le monde, c'est que chaque année sont renouvelés les bonnes résolutions et les engagements. Certes, il n'en est pas beaucoup qui soient tenus jusqu'au bout, mais cela n'importe guère. Le chemin n'est pas tracé, c'est en marchant qu'on le fait.
"No hay camino, hay que caminar" telle est la maxime proposée aux pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. "Il n'y a pas de chemin, il faut juste avancer". Le poète Antonio Machado l'a dit à sa façon "El camino se hace al andar", "C'est en marchant que se construit le chemin".

Marcher ! Cela fait 4000 ans que le couple qui illustre ce post le fait. Pour 2015, pourquoi ne pas marcher à ses cotés ?

Carte de voeux 2015 (C)JB

lundi 23 décembre 2013

Des voeux pour 2014 ....

Quoi dire qui n'ait pas déjà été exprimé ?
2014 va débuter sous les mêmes signes que 2013. Les espoirs, les combats, les vœux vont être les mêmes. En face les habitudes, l'aveuglement, l'égoïsme (volontaire ou pas) vont également être les mêmes.
Faut-il pour cela baisser les bras ? Non !

Faisons donc de 2014 une année plus fraternelle. Entre nous, déjà, entre voisins, entre relations, entre collègues d'un même projet ...

Entre européens, puisque tel va être le grand enjeu du mois de mai, afin que les adversaires de cette idée en construction ne soient pas renforcés dans leurs volontés de détruire.
Entre citoyens du Nord et citoyens du Sud. Pour que les premiers limitent leurs appétits. Pour que les seconds accèdent à un vrai développement.

Faisons de 2014 une année plus fraternelle.

Voeux 2014 (C)JB

samedi 29 décembre 2012

Pour une fraternelle année 2013

Le 2 janvier de cette année, nous faisions quelques commentaires à propos de l'année qui s'ouvrait: "une année pas triste, mais peut-être un peu douloureuse". Difficile aujourd'hui de revenir sur les mêmes mots et les mêmes constatations.
Le Gouvernement de notre pays n'est plus le même, mais nous savons bien qu'il ne fera pas de miracles et que les mots électoraux sont déjà remisés au placard des promesses en l'air, celles qui n'engagent que ceux qui y croient. Seule différence, le dialogue devrait être plus sain, les choix et orientations mieux expliqués. Il n'en demeure pas moins que la croissance reste imperturbablement une constante de tous les discours, que les choix alternatifs en matière de développement ne sont probablement pas pour demain, que la notion d'Etat, de patrie, de pays, de nationalisme, voire de protectionnisme, a encore de beaux jours devant elle, que la Françafrique se poursuit sous des verbes différents (au point de préparer la guerre ..), que les étrangers migrants sont à peine mieux acceptés, que la peur (de l'islam, des Chinois, de la chute de l'euro, du réchauffement, ...) fleurit partout, y compris dans les couloirs de nos ministères ou/et de nos rédactions de référence et que la pauvreté continue de vider les caddies que les "Restos du Cœur" remplissent à grand-peine.
En mieux ou en pire, 2013 ressemblera comme un frère à 2012. Est-ce une raison pour ne rien faire ? Non.
Un seul souhait: que vous ayez la force de faire de 2013 une année plus belle et plus fraternelle.

Voeux 2013-Photo et Composition (C)JB

(En suivant le tag "vœux", vous devriez retrouver toutes les cartes de vœux depuis 2004.)

lundi 2 janvier 2012

2012, des voeux, des résolutions

C'est une tradition, y compris sur ce blog où chaque nouvelle année a été saluée comme il se doit. 2012 ne devra pas faire exception, d'autant qu'il y a fort à parier que ce sera une année exceptionnelle, probablement pas une année triste ! Oh, ce n'est pas la "fin du monde", annoncée par quelques milliers d'hallucinés, qui nous préoccupe, mais bien peut-être la fin d'un monde.

Mais commençons nos résolutions par un petit retour en arrière. Le début de l'année dernière avait donné matière à aborder le sujet de Facebook et des réseaux sociaux. A l'occasion, l'engagement avait été pris de ne pas renoncer à ces échanges. Ils sont toujours chronophages, souvent totalement ridicules, vains ou insignifiants. Mais ils sont intéressants parce qu'ils reflètent tant de vies élémentaires, tout comme il existe des particules élémentaires et que ce sont elles qui constituent LA vie. Ces échanges sont bons également parce qu'ils permettent en toute simplicité, en toute facilité, de s'adresser à un "ami", à une "amie" d'Egypte, du Niger, du Mali, d'Europe, de Turquie, de n'importe où dans le monde pour lui demander un avis sur tel évènement, lui souhaiter bonne chance face à tel autre, ou compatir à sa peine ou sa douleur en présence d'une tragédie. On poursuivra donc nos échanges sur les réseaux sociaux. On les étendra même (pour répondre à des demandes) à Linkedin et à Viadeo. Ces deux-là ne savent pas trop ce qu'est un retraité, ils ne cherchent qu'à s'adresser à des actifs, mais tant pis, on fera avec !

Autre retour en arrière, mais moins loin; fin avril 2011 lorsqu'à été prise la décision de quitter la plateforme de blogs du "Monde". Rien à regretter de ce coté-là, bien au contraire ! Pour deux raisons. La première est qu'il était, et qu'il reste encore, bien difficile de vivre en quotidienneté avec le Monde.fr. Certes, il gagne des lecteurs, grand bien lui fasse ! Mais il perd en réflexion, en profondeur, en analyse. L'immédiateté et la spontanéité des commentaires qui s'alignent après chaque article témoignent de ce vide analytique. Il suffit que le sujet soit quelque peu scabreux, ou qu'il mette en cause une personnalité pas toujours de droite d'ailleurs, ou qu'il traite des climatosceptiques, ou qu'il se rattache à une superficialité "people", pour qu'il y ait foule dans les commentaires. A l'inverse, si l'article concerne l’avenir de tel ou tel pays africain ou les négociations du Cycle de Doha, alors-là, personne ... Contentons-nous de la lecture quotidienne du journal papier.

Ceci pour l'ambiance. Et pour la seconde raison, il se confirme que la visibilité des blogs du Monde est loin d'être idéale. La preuve en est que ce blog a été transféré sur la plateforme de Gandi à partir du 1er mai 2011. Alors qu'en quatre ans d'existence sur lemonde.fr, il n'avait su recevoir que 42300 visites uniques, il a déjà largement doublé ce rythme sur Gandi. Et, curieusement, le post le plus lu est celui qui concerne ... le départ de la plateforme du monde.fr !

Alors 2012 ? Oui, ce ne sera pas une année triste, compte tenu de tout ce qui s'est passé en 2011.
Et tout d'abord l'Europe qui s'agite avec frénésie dans ses douleurs financières et qui voit monter les tendances isolationnistes, protectionnistes, xénophobes les plus dangereuses. Là encore, gare à l'anti-sarkozysme primaire qui ne fait du bien qu'à l'extrême-droite. Seule la confrontation "idées contre idées", et demain "programme contre programme", permettra une avancée démocratique. A l'inverse, tout ce qui a trait au comportement, aux bassesses des uns et des autres, aux démonstrations douteuses, aux rumeurs fantaisistes et non validées, tout cela ne profite qu'à ceux qui prétendent faussement pouvoir nettoyer les écuries d'Augias et mettre en place un ordre nouveau.
En Europe ? Défendre contre vents et marées le droit à l'expression politique des peuples qui la composent. Aucune "urgence" ne justifie que soient imposées des mesures draconiennes à des populations sans qu'elles aient pu exprimer leur point de vue. Si les méthodes autoritaires des dirigeants européens sont mises en œuvre, c'est bien parce que ceux-ci (les dirigeants) ont peur des réactions de rejet de leurs peuples. Et s'ils ont peur, c'est bien parce que le débat démocratique est totalement inexistant et que toute consultation ne se traduira que par un rejet radical.
Et pourtant, il faudra bien changer de méthode. Les décisions autoritaires ne conduisent pas vers un épanouissement de l'Europe, d'une Europe dont nous avons impérativement besoin. Sans l'Europe, il n'est aucune garantie d'un maintien de la paix au cours des années, des décennies à venir. Sans l'Europe, que serait encore aujourd'hui la situation dans les Balkans, où en serions-nous des affrontements entre Serbes, Croates, Monténégrins, Albanais ..? Sans l'Europe, où en serions-nous aujourd'hui du douloureux problème des Roms et des autres peuples nomades et comment Hongrie et Roumanie se débattraient-elles pour le résoudre ? Et encore, sans l'Europe, où en serions-nous aujourd'hui du conflit gréco-turc ou turco-grec à propos de Chypre ? Trois exemples seulement du bien-fondé de l'idée européenne.

Ensuite, le développement et surtout quel développement. Dans son dernier bulletin de 2011 (28/12), Herve Kempf a publié dans Le Monde une réflexion à propos de la Chine. Il y souligne (la belle évidence !) que le développement et la croissance de cette partie du Monde entraînent de plus en plus de dégâts sur l'ensemble de la planète. Pour répondre aux besoins de l'industrie chinoise, et aux besoins de ses populations, la Chine utilise l'espace écologique de l'Amérique Latine, de l'Afrique, de l’Indonésie. Et d'en conclure que les écologistes attendent avec soulagement le ralentissement de l'économie chinoise, son "effondrement", dirait Paul Krugman. Faut-il seulement y croire ? Un milliard quatre cents millions d'habitants, une classe moyenne qui grandit et qui se montre avide de consommer, une politique qui tend à faire de la monnaie chinoise une monnaie internationale, un protectionnisme grandissant aux frontières ... ralentissement ou pas, les atouts sont là pour une croissance longue.
Pour illustrer cette croissance, HK cite le fait que la Chine a probablement acheté 10 millions d'automobiles en 2010. Ce chiffre est insignifiant (et faux: 14 millions !) en valeur absolue, tant l'équipement en automobiles peut espérer une croissance faramineuse. En Europe et aux Etats-Unis, il y a de 500 à 600 voitures pour mille habitants. En Chine, il n'y en a pas ...30. Les constructeurs réunis parient sur un passage de 20 millions de véhicules en 2002, à 200 millions de véhicules en 2020, ce qui fera plus que doubler le parc actuel.
Est-il donc normal de reprocher à la Chine de vouloir "reproduire le comportement de l'Occident" ? Est-ce une attitude politique constructive que d'"espérer son effondrement" ? Au nom de quelle sauvegarde environnementale aurions-nous le droit d'interdire à la Chine de s'équiper en automobiles ? N'aurions-nous pas avantage à participer à ce challenge en mettant en avant de nouveaux concepts ? Par exemple ceux de la voiture électrique, du transport en commun électrique, du petit véhicule collectif électrique ?
Ce n'est pourtant pas ce que font nos constructeurs, lesquels attendent de généreuses subventions pour développer des véhicules existants: DS ou Pulse, ou de nouveaux petits véhicules individuels et low-cost.
En 2012, il faudra bien reparler d'une alternative à notre croissance impossible à soutenir dans sa nature actuelle. Et faire des propositions réalistes ... le débat électoral y parviendra t-il ?

Voeux 2012 (C)JB

Enfin l'Afrique. Laissée sur le bas-coté du développement par une Europe exploiteuse, la voilà qui succombe aux charmes des accords bilatéraux avec la Chine et qui sacrifie ses terres et ses biens. Ce n'est pas à nous de donner des leçons, là aussi, mais rien n'interdit d'aider, d'expliquer, de comprendre, d'aimer les femmes et les hommes de ce continent. Le nord (Maghreb et Proche-Orient africain) a levé beaucoup d'espérances au cours de l'année passée. Elles ne seront probablement pas toutes satisfaites, car la révolution ne se fait pas (ne se fait plus ?) en un jour. Seule, la presse sacrifie au romantisme à longueur de colonnes (texte et photos) et, en réalité, s'aveugle et aveugle son lecteur sur les vrais enjeux. La Démocratie ne nait pas spontanément et, quand elle naît, l'accouchement est souvent difficile. En 1788, les Grenoblois des classes moyennes, lors de la "Journée des Tuiles", s'offusquaient des impôts trop élevés, s'indignaient des dépenses somptuaires de la Cour et réclamaient des aides économiques. Ce n'est pas parce que cela a débouché sur une révolution et un changement de régime que la recette est infaillible !
Ce blog s'est (très souvent) exprimé à ce sujet; il continuera en ce sens avec lucidité et confiance.

A toutes, à tous, bonne année 2012, que ce soit une année de beaucoup de paix, de justice et d'équité, de bonheur et d'échanges.

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