A deux occasions au moins, il a été question d’otages dans ce blog. A l’occasion de l’enlèvement de Camatte et à l’occasion du décès de Germaneau (du décès et non de l’exécution !).

Les commentaires les plus grossiers que l’on peut lire dans la presse aujourd’hui ne changeront rien à l’affaire. AQMI cherche depuis des mois à faire tomber la France dans ses filets, c’est à dire à la pousser à la guerre.

Les deux jeunes gens enlevés et massacrés par AQMI l’ont été parce que les radicaux islamistes avaient besoin de compléter leur “stock” d’otages afin de faire pression sur la France pour qu’elle verse une rançon pour la libération des six otages d’Areva. Les choses ne se sont pas passées comme cela était prévu. Peut-être (peut-être..) l’un d’entre eux a t-il été tué par une balle française ou nigérienne perdue, tout comme cela s’est produit pour un capitaine de voilier tué dans le Golfe d’Aden par les militaires français venus le libérer des ravisseurs ? La guerre n’est pas un jeu vidéo où l’on joue de mieux en mieux à force de s’entraîner et où l’on peut gagner des vies !!

Alors rendons hommage à ces deux jeunes et fermons nos gueules sur les conditions de l’évènement. L’important n’est pas là.

L’important, c’est de savoir que la France, (et la démocratie en général), est prise dans un piège infernal, le piège que lui tend AQMI. D’un coté, préserver la vie des otages en payant des rançons (Camatte) ne fait que favoriser d’une part le business des rançonneurs et, d’autre part, enrichir les radicaux islamistes qui achètent de plus en plus d’armes et pèsent en conséquence de plus plus lourdement sur les populations locales.

De l’autre coté, s’engager dans les poursuites, ne pas lâcher prise, c’est s’exposer à des assassinats, voire à des bavures, mais c’est surtout s’engager dans un engrenage infernal: celui de la guerre ! Là est la question importante: comment la France, comment l’Europe, comment la démocratie en général peuvent-elles se sortir de ce piège et éviter une guerre en Afrique Sahélique ? Car il ne faut pas en douter, ce serait une guerre que nous ne gagnerons JAMAIS, ce serait notre Afghanistan à nous. Ce serait une guerre qui détruirait tout ce qui est encore bon des relations entre l’Europe et l’Afrique. Ce serait une guerre dans laquelle Maliens, Sénégalais, Mauritaniens, Nigériens, Burkinabés, … et tant d’autres encore, nous considèreraient comme des OCCUPANTS. Et c’est cela que veut AQMI.

Dans l’immédiat, après l’hommage, il convient de préciser que les associations humanitaires agissant en Nord Niger se mobilisent pour faire entendre la voix de l’amitié entre français et nigériens et pour sauver ce qui peut l’être des actions de solidarité.

Antoine et sa fiancée (DR famille)

Suite aux terribles évènements qui se sont déroulés ce week-end avec l’enlèvement et l’assassinat de deux français au Niger, il me semble que nos associations (ANAN, Fandiyéma, ANRA, Enfance Afrique Solidaire, d’autres assos engagées au Niger…) et leurs membres pourraient se mobiliser pour faire entendre la voix de l’amitié entre les peuples français et nigériens.

L’un des deux otages tué s’appelle Antoine Leocour. Il était très actif dans le monde associatif. Il avait effectué une étude sur la scolarisation d’élèves à Dogondoutchi pour une association franco-nigérienne, Tarbiyya Tatali basée à Rennes, l’été 2008. Son travail est en cours de publication. En fichier-joint une photo d’Antoine envoyée par la Présidente de Tarbiyya Tatali.

Deux types d’actions pourraient être menées, si vous êtes d’accord pour une réaction collective : - rédiger collectivement et rapidement un communiqué exprimant notre émotion et notre indignation face à ce drame, ainsi que notre détermination à continuer nos actions au Niger dans un esprit de solidarité et de fraternité. - appeler à un rassemblement samedi 15/01 en fin d’après-midi (17h?) Place des Terreaux à Lyon, où serait lu (par l’Association des Nigériens et Amis du Niger) un message de soutien en direction des familles françaises et nigériennes touchées et de solidarité envers le peuple nigérien.

Merci de réagir dans des brefs délais à cette proposition d’action, en la diffusant également à vos membres, amis et réseaux. Je n’ai pas l’adresse mail de toutes les associations travaillant au Niger. Pouvez-vous faire suivre ce message si vous avez des contacts d’autres associations?

Merci.

Pour Fandiyéma

D’autre part, un blog “La voix Touareg ” vient de voir le jour, à l’initiative de Bilalan Ag ganta Moussa. Il est l’un des interlocuteurs privilégiés des associations ci-dessus et il est l’organisateur du Festival d’Agadez auquel, vous verrez, nous ne sommes malheureusement pas conviés … Dans son texte écrit à propos du meurtre des deux jeunes français et des conséquences qu’il entrevoit pour l’avenir, il écrit: “Qui d’autre que nous même peut mieux gérer nos régions, nos terres, notre pays?” Puisse t’il être entendu.

Enfin, Le Point Afrique renonce à tous ses vols vers le Niger, vers le Mali et même (provisoire ?) vers le Tchad. Voilà également un des résultats attendus par AQMI: priver les populations des ressources touristiques afin, là encore, d’asseoir son autorité.