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Tag - Chambaran

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mercredi 31 décembre 2014

Center Parcs et l'emploi

La défense de l'emploi n'est pas le premier objectif des opposants au Center Parcs de Roybon. Nous avons pu voir que leurs préoccupations (écologistes comme zadistes) visent plutôt la reconstruction de notre société afin de la rendre plus simple et plus joyeuse, en passant par la décroissance et, donc, une critique fondamentale de notre démocratie.

Au travers d'un ensemble de critiques, l'emploi est pourtant l'un de leurs arguments majeurs: les emplois offerts ne sont que des emplois précaires, Center Parcs exerce un chantage à l'emploi, ...

Essayons de faire un tour d'horizon de cette question.
En commençant par un examen de la situation de l'emploi dans la région concernée, grâce aux services de l'INSEE que tout un chacun peut aller consulter. La Communauté de Communes Bièvre Chambaran dont Roybon était partie prenante comprenait en 2011, 1335 jeunes de 15 à 24 ans dont 674 étaient actifs, c'est à dire qu'ils avaient quitté soit le système scolaire, soit une formation. Parmi ces 674 jeunes actifs, 530 disposaient d'un emploi, soit 78,6 % d'entre eux. Ce qui signifie que 144 étaient sans emploi.
Cette Communauté de Communes a désormais fusionné avec la Communauté de Commune Bièvre Liers dont la ville-centre est La Côte Saint-André. En 2011, toujours selon l'INSEE, les jeunes de 15 à 24 ans étaient 2404 sur ce territoire, dont 1265 étaient actifs (hors scolarité ou formation). 1005 d'entre eux disposaient d'un emploi soit 79,4 %. Ce qui signifie que 260 d'entre eux étaient sans emploi.

Au sud du territoire des Chambarans se trouve un autre territoire, celui du Pays du Sud Grésivaudan (un nom que l'on ne trouve même pas sur les cartes ! Sa ville-centre en est Saint-Marcellin, ses principaux centres sont Vinay et Pont-en-Royans. Voici les statistiques de l'emploi des jeunes sur ce territoire.
En 2011, les jeunes de 15 à 24 ans sont au nombre de 4236. Un peu plus de 46 % d'entre eux (1964) sont encore en formation. Parmi les actifs, 1557 ont un emploi et 559 sont chômeurs.

Dans un précédent post, nous avons vu que le taux national de chômage chez les actifs de 15-24 ans est de 25 %. Il est de 20,8% dans le nouveau territoire qui inclut Roybon. Il est de 24,6 % dans le territoire du Pays Sud-Grésivaudan. Sur ces seuls deux territoires, ce sont 963 jeunes de 15 à 24 ans qui n'étaient plus scolarisés ou en formation et qui n'avaient pas d'emploi en 2011. Un millier de jeunes qui sont chômeurs !


Dans la méconnaissance totale de ces chiffres, les opposants au Center Parcs répètent à l'envie ce premier argument: Pierre et Vacances, comme tant d'autres industriels ou aménageurs exercent un chantage à l'emploi. Il n'est pas besoin qu'ils exercent le moindre chantage afin d'obtenir des aides, des soutiens, des financements publics: tous les élus responsables, tous les organismes en charge de l'insertion des jeunes et moins jeunes dans le travail sont à l'affut de tels projets de développement car ils y trouvent des réponses aux besoins de leurs populations, et des jeunes en particulier.
Perturbés par cette analyse (on ne peut pas être globalement contre des emplois !), les opposants inventent alors un second argument: ce sont des emplois précaires, des emplois non permanents, des emplois mal rémunérés, des emplois dont on démissionne vite, ...
L'actualité vient nous apporter quelques enseignements sur cette question. En mai 2015, le Center Parcs de la Vienne doit ouvrir, Center Parcs du Bois aux Daims. La société ELIOR, concessionnaire des activités de restauration dans les Center Parcs de France recrute actuellement ses salariés sur le site "emploi" du Conseil Général de la Vienne.
Les offres sont les suivantes (n’hésitez pas, il ne reste que quelques jours pour les saisir !).
1 - Gouvernant(e) nettoyage: CDI de 35 heures, salaire de 1516 à 1800 € + 13° mois.
2 - Gouvernant(e) adjoint(e): CDI de 35 heures, salaire de 1459,62 € + 13° mois.
3 - Agent technique de nettoyage: CDI de 9 heures, salaire 9,53 €/h + 13° mois?
4 - Commis de cuisine: CDD/CDI de 35 heures, salaire 9,55 €/h.
5 - Cuisinier: CDD/CDI de 35 heures, salaire 9,60 €/h.
6 - Chef de partie: CDD/CDI de 35 heures, salaire 10,21 €/h.
7 - Chef de cuisine: CDD/CDI de 35 heures, salaire 11,86 €/h.
8 - Serveur: CDD/CDI de 35 heures, salaire 9,60 €/h.
9 - Chef d'équipe restauration à table: CDD/CDI de 35 heures, salaire 10,21 €/h.
10 - Equipier de restauration: CDD/CDI de 35 heures, salaire 9,60 €/h.
11 - Chef d'équipe restauration et retail: CDD/CDI de 35 heures, salaire 10,21 €/h.

Nous ne ferons aucun commentaire quant au niveau de précarité ou de rémunération de ces emplois. Chacun est libre d'en juger. Nous constaterons sobrement que ce sont des emplois et que ces emplois peuvent convenir aux demandeurs d'emploi de nos territoires, principalement aux jeunes.


Roybon-Statue de la Liberté (DR)

Quant à la dimension économique de ces emplois et de l'implantation d'un Center Parcs, nous ferons, encore une fois, appel aux analyses de l'INSEE. En avril 2011, un an après l'ouverture du Center Parcs des Trois Forêts, dans le Pays de Sarrebourg, une longue et complète analyse de cette structure touristique a été publiée par l'INSEE, signée par Philippe Debard et Olivier Serre.
Il est impossible de passer sous silence les grandes lignes de ce document qui précise qu'avec 606 emplois et 26 intérimaires, le Center Parcs est devenu le 6° employeur du Bassin Lorrain. Ces 632 emplois représentent 470 équivalent-temps-plein (ETP) et les 2/3 sont en CDI. Les salaires sont considérés comme relativement bas et en tout état de cause inférieurs aux salaires d’hôtellerie pratiqués dans le bassin d'emploi.
Le recrutement est extrêmement local, les cantons immédiatement voisins fournissant à eux seuls plus de la moitié des effectifs salariés.
Autre constatation particulièrement signifiante: le recrutement joue un rôle social important. 59 % des nouveaux salariés étaient auparavant au chômage et 11 % étaient bénéficiaires du RSA. La création du Center Parcs est à l'origine d'une réduction de près de 10 % des chômeurs inscrits, essentiellement des jeunes et des femmes.
Il était, un an après l'ouverture, encore difficile d'estimer l'incidence en termes d'emplois locaux que l'activité même du Center Parcs pouvait initier. Cependant, plus de 90 emplois locaux ont été directement générés par les revenus des salariés du complexe touristique.

Il FAUT lire ce document sincère et honnête, qui ne cache pas les insuffisances (un turn-over de 30 % des salariés après 4 mois, par exemple) et les défauts de ce type de développement économique, mais qui, en tout état de cause, interdit de traiter avec légèreté et suffisance de la question de l'emploi et de la réponse qui y est localement apportée.
Il faut d'autant plus le lire qu'il apporte des réponses aux questions relatives à la gestion des Center Parcs et aux ressources générées auprès des Collectivités.

L'emploi,en France et en Europe, est loin d'être une question simple. Actuellement, une énorme majorité des contrats de travail est constituée de contrats courts, à durée déterminée. Il n'est pas envisageable que ce soit Roybon et son Center Parcs qui puissent changer en quoi que ce soit une situation qui est celle de tous les pays occidentaux !
Et ce n'est pas, non plus, la construction de barricades dans la boue et la neige qui fera avancer ce débat en quoi que ce soit.

mercredi 23 juillet 2008

Décharge

Voilà un mot magique ! Employé à tout propos et hors propos par les multiples opposants aux structures de traitement des déchets, c’est en fait un concept qui n’existe plus. Une décharge, c’était l’endroit où l’on se .. déchargeait des déchets dont l’on ne savait que faire. Actuellement, l’administration et les professionnels du déchet parlent plus volontiers de Centre d’Enfouissement Technique (CET), ou de Centre de Stockage des Déchets (CSD, voire CSDU pour les Déchets Ultimes).

Au même titre qu’au Moyen-Age l’on se débarrassait de ses malades de la peste à la “maladrerie” (Maladière), notre XXI° siècle ne veut pas davantage voir ses déchets, ni ne veut en entendre parler. C’est d’ailleurs identique pour nos pauvres, nos vieux, nos handicapés, nos étrangers, nos délinquants et nos déviants ! Pour tous, si l’on doit bien faire quelque chose (prison, hospice, centre de rééducation ou aire d’accueil des gens du voyage), qu’au moins ce ne soit pas chez moi (nimby).

Donc, la décharge reste l’endroit nécessairement sale, dangereux, polluant, hostile à l’environnement, qu’il convient d’installer le plus loin possible des yeux. Ou, à défaut, dans les zones industrielles ! Et là, on rejoint un autre concept: celui de l’industriel qui est nécessairement un pollueur !

Illustrations:

1) Vendredi dernier, je suis allé visiter le Chateau de Cumane, sur une commune voisine, château exceptionnellement ouvert par son propriétaire. Nous y étions accueillis par un “commando”, au demeurant fort pacifique, qui nous enjoignait de profiter du lieu avant que n’y soit installée une …. décharge ! Or, il n’est nullement question d’équiper cette commune d’une décharge, mais d’un quai de transfert intercommunal (qui remplacera celui qui fonctionne depuis 2000 dans l’ancienne usine d’incinération !) destiné à regrouper les déchets ménagers avant leur transfert quotidien vers le centre de traitement. Jusqu’à preuve du contraire, une telle démarche locale a pour elle tous les avantages économiques et environnementaux !

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2) Où l’on reparle des Chambaran. Un festival doit s’y dérouler prochainement. Il a choisi pour thème de “faire la teuf dans la forêt toxique” où est prévue l’installation d’une “''décharge chimique''“, et les festivaliers sont invités à s’y rendre avec des masques à gaz !! Il s’agit là d’une désinformation pure et simple (quelque peu hystérique), mais le plus grave c’est que cette désinformation se fait sur fonds publics, les organisateurs ayant bénéficié d’une subvention de 1500 € du Conseil Général.

Tous les opposants ont parfaitement le droit de s’exprimer, à la seule condition de le faire honnêtement et de ne pas se livrer à la caricature.

mardi 24 juin 2008

Les erreurs de calcul des anti-CET

Cela fait des années que, dans l’Isère, il y a toujours opposition aux projets de CET. Avec parfois de bonnes raisons, avec souvent de mauvaises raisons. Et surtout des erreurs de calcul.

Je prends l’exemple du projet des Chambaran , qui avait obtenu l’aval des élus départementaux, lesquels maintenant font des pieds et des mains pour justifier leur opposition à ce projet.

Quand je parle d’erreurs de calculs, il ne s’agit pas de bricoles comme cette pétition signée par … 15 000 personnes, ce qui représente entre deux et trois fois la population du canton, un canton de 18 000 hectares !! Il ne s’agit pas non plus du décompte des camions qui seront censés emprunter la route départementale: “Un camion ça va, 100 camions bonjour les dégâts”. Il s’agit de 100 camions par quoi ?, par jour ?, par semaine ?, par mois ?

Non, il s’agit de cette nouvelle “solution alternative” qui consiste à rechercher des zones industrielles assez importantes pour y accueillir des centres de stockage, de façon à traiter les déchets à coté de leur lieu de production. Outre que cela nous ramène quelques décennies en arrière quand les industriels étaient autorisés à disposer de leur propre décharge industrielle, je suis convaincu que ce n’est pas un gain en matière d’environnement, bien au contraire.

Qu’aurions-nous y gagner ?

- Un mitage du territoire avec un centre d’enfouissement technique dans chaque chef-lieu de canton.

- Des norias de camions de 3 tonnes de charge utile (compte tenu de la proximité) en lieu et place de quelques camions de 30 tonnes de charge utile (dix fois moins).

- Des nuisances diffuses sur l’ensemble du territoire, et notamment des envols, du bruit et de la poussière car chaque CET ne saurait disposer de son compacteur. Et puis si le risque sur les nappes phréatiques est une réalité, pourquoi serait -il moins dangereux à proximité des villes disposant de zones industrielles ?

Compacteur (c)JB

- Un interventionnisme des élus et administratifs locaux, ce qui fera que ces CET de canton deviendront rapidement aussi peu professionnels et aussi peu sécuritaires que les déchèteries (cf à ce sujet ce travail relatif à la sécurité dans les déchèteries ).

Je vois bien qu’il s’agit là d’un nouvel avatar de l’idéologie de “relocalisation”, mais ce n’est pas sérieux. D’autant moins que ceux qui en parlent sont les premiers à ne pas la mettre en application. Il existe à Cessieu un CET opérationnel depuis de nombreuses années, en voie d’extension. Il est destiné à recevoir les déchets du Nord-Isère et pourtant, voici quinze jours, des manifestants protestaient contre ce projet en arguant de risques sur la nappe phréatique et du fait que cette décharge était … à ciel ouvert !!! C’est vous dire leur sérieux.

mardi 18 décembre 2007

Gestion des déchets: le parler vrai

A quel titre parle t’il de ceci ?, va t’on demander très rapidement ! Pour répondre brièvement: parce que vingt ans de ma carrière professionnelle se sont déroulés dans le métier des déchets et pour être encore plus précis: 12 ans en tant que Directeur d’une agence chargée de la collecte, du transport et du traitement de déchets d’activités de soins (déchets hospitaliers et similaires), 2 ans en Alexandrie dans le cadre de la mise en œuvre d’un marché de balayage, collecte des déchets, compostage et mise en décharge, 5 ans comme responsable régional prévention et sécurité. Tout cela ne fait certes pas un expert…

Deux nouvelles m’ont fait réagir cette semaine. La première concerne le projet de Centre d’Enfouissement des Chambarands (38) destiné à des ordures ménagères et des gravats inertes. Les responsables politiques du Département de l’Isère avaient initialement donné un accord sur ce projet. Face à une levée de boucliers locale, ils ont tous reculé et fait adopter des vœux par leurs conseils municipaux s’opposant à la création de cette décharge. Or, les arguments invoqués par les opposants n’avaient pas plus de bien-fondé qu’à l’ordinaire dans ce genre de dossier: suspicion de rupture de membrane entraînant une contamination des eaux souterraines, passage fréquent des véhicules poids lourd assurant le transport des déchets, risque d’incendie par dissémination des étincelles de combustion du biogaz (!), … Or, voici que nous apprenons que le Groupe Pierre et Vacances retiendrai cette région, après longue négociation, pour y édifier son prochain Center Park !

Ceci explique cela ! Mais l’honnêteté intellectuelle aurait dû faire privilégier une explication franche en disant que la région faisait le pari économique du tourisme et qu’un centre d’enfouissement serait le malvenu. Car, à l’issue d’un tel scénario, il reste toujours une décharge à caser quelque part et des gens qui, pour s’y opposer dans leur canton, raconteront des … bêtises.

La seconde information concerne la conséquence des feux domestiques (c.a.d la combustion du bois, des feuilles et des branchages dans les cheminées des particuliers, les jardins et les champs) sur la pollution hivernale en Europe. Trois études (Le Monde du 13/12/2007) concluent que ces feux sont responsables de 50% à 70% des émissions d’aérosols carbonés en Europe, et que ces particules représentent 60% des polluants en suspension dans l’atmosphère. En calculant bien, cela signifie que 30% à 42% des polluants de l’atmosphère européenne proviennent des feux domestiques !!

Voilà une affirmation nouvelle, quand bien même les premières études datent de 2001. Jusqu’à présent, le chauffage au bois reste entouré d’un halo prestigieux de procédé “naturel”, “propre”, “sans déchet” et “renouvelable” !

Il reste encore un effort à fournir: celui de dire haut et fort que la combustion du bois produit des dioxines (feu de cheminé, barbecue, incendie de forêt ou chaufferie au bois) et qu’il sera sans doute nécessaire de renforcer la prévention si la filière bois doit encore se développer.

Pour terminer, je place sur mon site web ( http://briselet.jean.perso.neuf.fr/index.html ) une contribution intitulée “La sécurité dans les déchèteries”. En effet, alors qu’il existe plus de 3000 déchèteries en France, celles-ci sont trop souvent le théâtre d’accidents du travail graves (voire mortels) ainsi que d’accidents concernant les usagers. Ces espaces sont également des zones de non-droit caractérisées par les visites nocturnes, les exactions, les destructions de bâtiments, … De tout ceci, on n’entend jamais parler.