THERMOPYLES

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Tag - djihadistes

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mercredi 14 mai 2014

Mali , ô Mali

Il n'était pas évident de lire ce livre dont le texte de présentation signé par l'auteur lui-même n'attirait pas très favorablement. En effet, partir à la rencontre du Mali actuel, en guerre, pour "rencontrer les femmes échappées de justesse aux horreurs de la charia, découvrir l'économie très puissante et très illégale dont vit grassement le Sahara, faire connaissance avec les soldats d'opérette terrorisés par les combats, voir comment bandits et djihadistes s'entendent comme larrons en foire, assister à l'arrivée des Français, ...", tout cela paraissait bien schématique, bien réducteur.
Pourtant, outre "Madame Bâ" (2003), nous avions bien apprécié les réflexions mondialistes d'Erik Orsenna à propos du coton ("Voyage au pays du coton", 2006), de l'eau ("L'Avenir de l'eau", 2008) ou du papier ("Sur la route du papier", 2012) et, donc, une intelligente curiosité intellectuelle nous a poussé à lire "Mali, ô Mali".

Stock édite cet ouvrage sous la catégorie des romans. Ce n'est pas tout à fat exact, même si les dialogues y sont riches et les situations parfois truculentes. Disons qu'il s'agit bien davantage d'une sorte de plaidoyer en faveur d'une thèse unique, et que pour assoir ce plaidoyer l'auteur a choisi de lui donner un fil conducteur qui en favorise la linéarité. Ce fil conducteur se trouve être Madame Bâ qui, telle Jeanne d'Arc, accompagnée de son petit-fils bombardé griot, retourne au pays pour le sauver (le pays) et y entendre des voix ! Mince différence avec notre Pucelle historique qui, elle, est allée sauver son pays après avoir entendu des voix !
Tout de suite, les choses se gâtent. Dès l'aéroport, Madame Bâ s'irrite de la présence de bonnes bourgeoises emperlées venues accueillir des Touaregs. Elle les agresse violemment en qualifiant leurs invités de "plaie de l'Afrique, ceux qui ont vendu nos aïeux noirs aux Arabes comme esclaves et qui vivent aujourd'hui de fortunes acquises par les trafics de la drogue, des armes et des otages". Au griot qui s'indigne d'accompagner une grand-mère raciste, elle répond qu'il n'est qu'un imbécile et qu'elle lui expliquera (pages 30-32).

Madame Bâ a vraiment des idées toutes faites, découpées à la hache, puisées au fil des actualités de la presse et des organes militants. Lorsqu'elle part à Dakar afin de rencontrer ATT qu'elle aime bien, elle en revient avec des notions fort discutables en ce qui concerne la présence de ces fameux Touaregs dans le Nord-Mali. ATT lui dit que ce sont les Touaregs qui font le plus de bruit car ce sont eux qui aiment la guerre, le mouvement, les trafics .Mais dans le désert, ils ne sont qu'un sur dix, les dix autres sont peuls, songhaïs, maures ... (pages 242-244)
La répartition des populations, une notion fragile et difficile à manipuler, permet toute les interprétations. Quelle est la délimitation de la zone prise en considération ? Quelles sont les villes qui y sont incluses ? A quelle période faisons-nous référence ? Lors de l'indépendance acquise voici un peu plus de cinquante ans les populations de Kidal étaient majoritairement touarègues et celles de Gao l'étaient à quelques 40 %. Les choses ne sont plus les mêmes ? Cela justifie-t-il de parler d'un sur dix ?
Madame Bâ, qui a de la suite dans les idées, revient encore une fois sur cette question touarègue dont elle fait de sa solution la clé de voute de la crise malienne. C'est à la fin du livre (pages 396) "Touaregs, ô Touaregs, pourquoi vous laissez-vous représenter par les pires d'entre vous ?"
Tout comme elle ignore qu'actuellement il est bien impossible à un Touareg, à plus forte raison à un groupe de Touaregs, d'obtenir un visa pour la France et donc de se retrouver accueilli à l'aéroport, Madame Bâ ignore l'histoire de ce peuple en lequel elle ne voit que des voleurs et des trafiquants qui ont une vieille expérience: ils trafiquaient déjà les noirs !

Mali, ô Mali (DR)

Madame Bâ a d'autres souffre-douleurs, et notamment les organisations internationales de l'ONU (pages 125-126). Nous ne sommes pas dans un roman, il suffit donc de 38 lignes pour stigmatiser une action (réelle ? imaginée ?) visant à faire fabriquer des demi-lunes de pierre (sorte de petites barcanes) afin de retenir les prochaines pluies pendant quelques instants. Ce sont des femmes qui sont payées pour faire ce travail " pendant que les hommes somnolent ou parlotent; rien n'est perdu !". Effectivement, rien n'est perdu, Madame Bâ, puisque cet argent restera à disposition des femmes et sera peut-être réinvesti dans l'édification de greniers à mil ou l'achat de quelques chèvres ! Et puis, vous qui êtes si forte, Madame Bâ, pour parler de la limitation des naissances (qui est l'un de vos thèmes de prédilection), commencez-donc par apprendre ce qui fait la personnalité des femmes africaines. Est-ce Montreuil, ou bien est-ce votre "géniteur littéraire" qui vous éloigne donc tant de votre africanité ? Oui, chaque femme met au monde un peu plus de six enfants. Mais combien parviennent à l'âge adulte ?
Le Mali est aussi l'un des pays les plus pauvres du monde, l'un des derniers dans le classement de l'ONU. Quel est le facteur qui influe sur l'autre ? Est-ce la fécondité qui entraîne la pauvreté ? Ou bien, est-ce la pauvreté qui conduit les femme a faire de nombreux enfants pour en garder quelques-uns ? Pour 1000 naissances vivantes au Mali, il y aura déjà 110 décès dans moins d'un an, soit 11 %. Et dans deux ans ? Et dans cinq ans ? Et dans dix ans ? Vous êtes sérieuse, madame Bâ, quand vous nous faites une comparaison avec l'Iran ? L'Iran, malgré ses inégalités, est la 21° puissance économique mondiale. L'Iran a un taux de mortalité trois fois inférieur à celui du Mali. Alors oui, l'Iran peut abaisser son taux de fécondité de 6 à 2 enfants par femme !!

Après lecture de ces quelques idées toutes faites, il nous reste l'essentiel, c'est à dire la défense de l'intervention française au Mali, la défense sans nuance de Serval, avec les légendes les plus tenaces, comme celle des forces djihadistes capables de parcourir les 640 kilomètres séparant Konna de Bamako en une journée et donc justifiant d'une intervention éclair (et peu légitime). Nous en avons beaucoup parlé ici, c'est pourquoi nous regrettons le manichéisme de Madame Bâ.

Il y a beaucoup de belles choses dans ce "roman", de séduisantes descriptions du Niger tout comme de généreuses descriptions du courage des Maliens, Mais pourquoi avoir noyé ces belles pages dans une compilation de positions dogmatiques ?

Erik Orsenna, vous avez déclaré que vous partagiez beaucoup des points de vue de Madame Bâ. Il vous faudra lui apprendre (lui réapprendre) au moins deux ou trois choses. La guerre dans son pays n'est pas que la somme de la lâcheté des militaires et de la cupidité des Touaregs. Ceux-ci ont une histoire qui ne se résume pas au trafic d'esclave dans les siècles passés et de drogue au XXI° siècle. Enfin, la régulation des naissances ne s'impose pas en arrivant de France avec des valises de patchs contraceptifs.

mercredi 6 novembre 2013

Mauvais signal pour le Mali

Nul n'ignore, dans ce blog, notre position quant à la présence de la France au Mali.
Le 8 juin 2012, ici même, nous écrivions que "La France n'a rien à foutre militairement au Mali". Depuis cette date, tous les billets ont défendu cette thèse, la justifiant par de nombreux signes de délabrement de la vie sociale, humaine, économique, politique .. de cette région du monde. Si quelqu'un doit être au Mali, pour y défendre une certaine conception de la démocratie, ce ne peut être qu'une large et légitime coalition internationale, avec forte participation africaine (sud-saharienne, comme maghrébine et proche-orientale).

Le récent enlèvement de deux journalistes français, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, rattachés à la rédaction de RFI, suivi de leur mort, est susceptible de changer radicalement les données de la confrontation qui a lieu actuellement au Nord-Mali.


Ghislaine Dupont (RFI)

Claude Verlon (RFI)

De façon primaire cela démontre que nous n'avons pas gagné la guerre, malgré les déclarations plus ou moins fanfaronnes des membres de notre Gouvernement. Jusqu'à la semaine dernière, il était encore possible de croire que les "rebelles djihadistes" avaient été repoussés hors les murs du Mali et qu'on pouvait s'attendre à les retrouver au Niger, voire au Burkina Faso. Mais non, il n'en est rien. Ils sont là, dans les villes, à quelques centaines de mètres de troupes françaises, maliennes ou onusiennes.
Que s'est-il passé ?
Les faits ne sont pas connus avec certitude et ne le seront sans doute jamais. Et si une version officielle est répétée à l'envie dans tous les médias, elle n'en restera pas moins une version officielle sujette à toutes les contestations.
Déjà, les causes de la mort ont été variables: "égorgés", "criblés de balles", "deux balles pour l'un, trois balles pour l'autre". Si le sujet n'était pas si macabre, on se plairait à faire un peu d’exégèse sur ces différentes affirmations (toutes de notre ministre des Affaires Etrangères). Les premières visent à mettre en évidence la brutalité et l'inhumanité des adversaires kidnappeurs, la dernière a pour objet de démontrer leur froideur et leur cruauté en exécutant leurs otages.
Ont-ils réellement exécuté leurs otages ? Peu en parlent en France; il existe pourtant une version des faits qui met en cause l'armée française en la soupçonnant de précipitation et d'avoir tiré, à partir des hélicoptères lancés à la poursuite, sur les ravisseurs et leurs otages, les tuant tous, c'est à dire trois ravisseurs et les deux otages. Cette version est lisible sur El Watan, journal algérien.

Pour sa part, le Gouvernement français ne parle actuellement que des corps des deux journalistes retrouvés devant un véhicule intact (pas de traces de balles, donc pas de mitraillage par hélicoptère) et ...verrouillé. Combien précautionneux sont ces hommes du désert qui prennent le temps de verrouiller leur véhicule avant de s'enfuir: sans doute pensaient-ils revenir le chercher plus tard !

Cette théorie, car pour l'instant ce n'est qu'une théorie, est à rapprocher de l'issue tragique de la poursuite jusqu'à la frontière malienne des ravisseurs des deux jeunes enlevé au Niger et tués lors de la tentative d'intervention de l'armée française. Là aussi, au moins pour l'un des jeunes, il est possible qu'il ait été tué par des balles françaises.

Quel était l'intérêt des ravisseurs ?
Une première explication est évidente. C'est celle du "marché aux otages". La récente libération des otages d'AREVA, avec sa rançon de 20-25 millions d'euros, a fortement excité les convoitises. Selon cette hypothèse, il y a fort à penser que les journalistes ont été enlevés pour être remis à un groupe djihadiste candidat à une opération financière de même ordre. Dans ce cas, il est impensable que les otages soient sacrifiés ! Pensez-donc, 20 millions d'euros !! La thèse de la panne du véhicule (tout neuf) ne tient pas non plus. Les ravisseurs auraient assassiné leurs proies afin de s'enfuir à quatre dans un autre véhicule ? Impossible, la "valeur" même des otages les aurait obligés, dans ce cas, à abandonner le prétendu véhicule en panne (en le verrouillant bien !) et à s'entasser à six dans l'autre véhicule. Pourquoi l'armée française n'aurait-elle pas vu cet autre véhicule ?

Une seconde explication est plus pernicieuse. AQMI aurait effectivement décidé d'agir contre les intérêts français au Mali en dramatisant le conflit, en vengeant les victimes de la guerre du Nord-Mali, en prenant fait et cause pour les musulmans de l'Azawad. A court terme, AQMI aurait été amené à développer ce discours en qualifiant les français d'occupants et en appelant la population à les chasser. Depuis bien avant la déclaration de guerre, ce risque existe. Jusqu'à présent, il n'était que potentiel. Deux choses s'opposent à cette seconde théorie. Tout d'abord, même si AQMI n'a pas été chassé du Mali, il n'est pas actuellement au mieux de sa forme (matériels, logistique, troupes) et une "déclaration de guerre" implique de pouvoir accompagner les mots avec des actes. Ensuite, AQMI a pour habitude de scénariser ses actions: même si les otages journalistes étaient condamnés par les djihadistes, ceux-ci auraient pris la peine de mettre en scène cette exécution: délai, communiqué de presse, vidéo peut-être, ...

Mais aujourd'hui, ces analyses n'ont plus lieu d'être.
Quelle que soient la cause et l'explication de la mort des deux journalistes, AQMI a récupéré la mise.
Et ce qu'il n'avait peut-être pas envisagé de faire, il vient d'être amené à le faire.
Parce que, pour une raison ou pour une autre, un enlèvement de deux otages s'est terminé par leur mort, AQMI a décidé de s'en emparer et de déclarer que "le meurtre des deux journalistes français constitue le minimum de la facture que Hollande et son peuple doivent payer en contrepartie de leur nouvelle croisade".

La guerre du Mali vient brutalement de changer totalement de dimension. Nous entrons dans un conflit comparable à celui de l'Afghanistan, un conflit dont la France ne sortira jamais par le haut.

dimanche 13 octobre 2013

La France et la guerre

Encore une fois, il nous faut revenir sur le thème de la guerre et de ses justifications puisque la France vient d'obtenir une résolution à l'ONU afin de préparer une intervention en République Centrafricaine. Comme de bien entendu, nos ministres de la Défense et des Affaires Etrangères se sont empressés de déclarer qu'il était hors de question que la France intervienne seule dans ce pays, que le Centrafrique n'est pas le Mali, etc ... etc ...
Attendons de voir la conformité des promesses avec la mise en œuvre des décisions.

Si nous reparlons de ce sujet, c'est parce que notre Ministre des Armées, Jean-Yves Le Drian, se répand dans la presse et sur les tribunes (à Blois récemment) et développe une théorie contestable en ce qui concerne la guerre et le rôle de la France.
Faisons tout d'abord justice d'une affirmation répétée tant par François Hollande que par son Ministre des Armées, selon laquelle la France aurait gagné une guerre au Mali. La France n'a rien gagné du tout au Mali !
Qu'il soit bien clair que les 500000 personnes déplacées par ce conflit le sont toujours et vivent dans des conditions misérables, soit dans leur propre pays, plus au sud dans la région de Bamako notamment, ou dans des camps de Mauritanie ou du Burkina Faso.
Qu'il soit bien clair que les combattants djihadistes n'ont pas été neutralisés, mais qu'ils ont simplement été repoussés plus ou moins loin, pas toujours hors des frontières du pays, d'où ils reviendront, d'où ils reviennent déjà pour fomenter troubles et attentats dans tout le nord du pays (attentats à Gao, destruction d'un pont sur le Niger, ...).
Qu'il soit bien clair que les revendications des touaregs (justifiées ou non, là n'est pas aujourd'hui la question !) en faveur d'une autonomie de leur région n'ont pas obtenu le moindre début de réponse.
Qu'ils soit bien clair que cette insuffisance de réponse entraîne des affrontements ethniques qui ne demandent qu'à se développer au fur et à mesure que la situation se dégradera.
Enfin, qu'il soit bien clair que l'armée française, loin de se retirer, reste en place à l'échelle de plus de 3000 combattants sur place dont certains qui étaient rentrés en France sont déjà repartis.
Si c'est cela que l'on appelle "gagner la guerre" !

Réfugiés maliens au Burkina (C)AFP

Alors, que nous dit Jean-Yves Le Drian ? Deux choses.
La France ne fait la guerre que "si la sécurité de la France, de la nation, du pays, est mise en danger".
La France ne fait la guerre que "pour défendre des valeurs dont elle est héritière depuis la Révolution Française".
Associant quasi indissolublement les deux affirmations, Jean-Yves Le Drian en vient à affirmer que "la guerre et la République sont concomitantes". On aurait pu penser qu'étaient concomitantes la guerre et la naissance de la République. On verra qu'il n'en est rien: il s'agit bien de la guerre et de la République aujourd'hui.

La guerre, la sécurité et la défense des valeurs lui sont indissociables: le terrorisme est explicitement visé.
Il reste cependant à expliquer en quoi "laisser les djihadistes mener leurs opérations pour s'emparer de l'Etat malien touche à notre propre sécurité". Outre qu'il n'a jamais été démontré que l'Etat malien était visé par les djihadistes, alors même qu'il était totalement déliquescent par les fautes d'un Capitaine putschiste (depuis nommé général !), il est difficilement compréhensible que notre sécurité ait été en jeu. Sauf à considérer que ce sont nos intérêts qui aient été en danger, ce qui n'est, on l'admettra, pas tout à fait la même chose.
Par ailleurs, comment imaginer que la sécurité de la seule France ait été compromise par l'action des djihadistes au Mali ? Parce que nous sommes l'ancien colonisateur ? C'est difficile à admettre, ce qui signifie que l'éventuel danger concerne tout autant la France que ses voisins européens. Alors pourquoi se sentir concerné au point d'intervenir seul au Mali, après avoir saboté des négociations, après avoir snobé la Communauté Européenne (avant de lui demander sa participation !)?

Le raisonnement est aussi contestable en ce qui concerne le volet des "valeurs". "Les images des victimes des tribunaux islamiques, les actes commis, nous amènent à défendre une certaine conception du droit". Le propos va encore plus loin lorsqu'il est question de la Syrie. "Nous assistons à des atrocités et l'arme chimique remet en cause des traités qui traduisent les fondamentaux universels auxquels la France est très attachée. S'ils ne sont pas respectés, elle doit jouer le rôle de gardienne des valeurs collectives du monde. Son histoire porte la France à dire, à interdire".

Il y a quelque chose de fabuleusement hégémonique dans cette affirmation ! Les valeurs sont jugées universelles et c'est la France qui se donne le droit de dire, d'interdire et... de punir ! Au nom de quoi ? Au nom de Valmy (bataille fondatrice de la République), au nom de 1940 (qui exige le ressaisissement de la France), au nom sans doute de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (à la rédaction de laquelle la France a participé), enfin au nom de traités comme l'interdiction des gaz de combat ... Tout cela est bien vrai, mais sont-ce là des justifications suffisantes ?

NON, et pour deux raisons.
La première est que les dites valeurs universelles ne le sont pas tant que ça. Notre ethnocentrisme les appelle ainsi, mais elles sont quotidiennement contestées par de très, très, nombreux pays d'Asie, d'Afrique, d'Océanie, voire d’Amérique Latine. Le fait de les avoir souvent rédigées après la seconde guerre mondiale, laquelle ne faisait que reconduire la première avec encore plus d'horreur et d'impérialisme, ne suffit pas, aux yeux des peuples et des dirigeants des pays en développement, pour qu'elles soient qualifiées d'universelles. Notre effroi d'alors et notre honte n'étaient pas les leurs !

La seconde est que si nous voulons tant leur attribuer un statut d'universalité, encore faudrait-il se mettre à plusieurs. Les temps ont changé, la France n'a plus rien à exprimer à titre personnel en ce domaine. Elle a sans doute à sensibiliser ses voisins européens, ses amis d'outre Atlantique, pour que tous ensemble, sous l'égide des grands organismes que sont l'ONU et tous ses satellites (UNICEF, UNESCO, PAM, HCR, ...) les valeurs dites universelles le deviennent réellement et pour que le reste du monde commence à y croire.

Ajoutons qu'il existe une troisième raison pour que les belles valeurs universelles ne soient pas la "propriété" d'un seul pays: elles sont trop souvent bafouées !Le dramatique problème des immigrants qui traversent (qui ne traversent pas !) la Méditerranée vient à point pour rappeler que la guerre ne sert qu'à produire des victimes et des misères. Et que si les négociations venaient à bout des conflits et permettaient que s'installent les conditions d'un développement économique réel, il y aurait moins de réfugiés.
Les populations du Nord-Mali attendent, malgré la "fin" de la guerre que l'on vienne un tant soit peu les aider. Elles attendront longtemps encore et cela fera le lit de nouveaux djihadistes.
Les négociations ! Sur ce blog, on a un tout petit peu de fierté à s'être opposé à une intervention en Syrie et à prôner des négociations. La France, sur cette question, a été particulièrement mise en minorité et nous n'irons pas plus loin dans les qualificatifs. Les explications sont tout simplement à rechercher dans cette volonté de nos ministres à vouloir que la France dise, interdise et ... punisse, au risque de se retrouver toute seule ! Et qu'on ne nous ressorte pas que sa détermination a vouloir faire des "frappes" a pesé dans la décision de Poutine. Ou alors, ce n'est pas pour le motif invoqué ! Les troupes de Bachar El Assad sont probablement allées "trop loin". Les "renseignements" allemands ont parlé d'erreur de dosage ! Une frappe française, européenne, ou américaine aurait probablement entraîné des ripostes incontrôlables du dictateur syrien, ajoutant la guerre à la guerre.
Si les menaces de frappes ont eu un effet, c'est bien à leur corps défendant !
Rien n'est acquis, rien n'est définitif, mais les gaz de combat sont en cours de destruction, la structure chargée de ce travail, l'OIAC, reçoit le Nobel de la Paix. Il faut désormais que toutes les parties se mettent autour de la table et discutent à minima d'un cessez-le-feu. Pour cela, nos ministres, Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius auraient mieux à faire que de donner des leçons en Centrafrique ou au Mali, ou de construire la "première armée d'Europe, celle qui demain sera à même de mener deux opérations comme le Mali en même temps". Ils doivent exiger du Conseil National Syrien, comme de la Coalition Nationale des Forces de l'Opposition et de la Révolution qu'il s'assoient à la table de négociations. le but n'étant pas de reconnaître quelque droit à Bachar El Assad, mais de mettre en place un cessez-le-feu.

Jean Yves Le Drian-(C)Fred Tanneau-AFP

Dans le tout dernier Hors-Série du "Monde", "1914-2014: un siècle de guerre", ou nous avons lu les déclarations contestables de Jean-Yves Le Drian, se trouve également une analyse des différentes écoles de pensée en matière de guerre et de sécurité. Il y a les "réalistes", les idéalistes", les "transnationalistes", les "constructivistes" et les " critiques". Il en ressort que le ministre des Armées est un "réaliste", lui qui privilégie la sécurité nationale et se porte garant de la sécurité internationale !!
Thermopyles se verrait plutôt "transnationaliste", dans un système où les Etats et les sociétés civiles cohabitent dans le système mondial, au nom d'une sécurité globale. L'Etat n'a plus le monopole des affaires diplomatiques dans un monde interdépendant. (Descriptions extraites de ce N° Hors Série)
Avec la faiblesse de croire que cette attitude est plus conforme et plus progressiste pour un homme de gauche ! Et qu'il est temps de repenser ce que signifie l'universalité des valeurs et la façon de les défendre.

lundi 9 septembre 2013

Droit d'ingérence et droit de punition

Ce n'est pas l'objet de ce blog. Et donc chacun aura pu constater que nous n'avons fait quasiment aucun commentaire à propos de la crise syrienne. Nous n'avons pas l'envie de modifier notre position et nous limiterons donc notre analyse à une réflexion sur ce fameux droit d'ingérence, prétexte aujourd'hui à un "droit de punition" invoqué à l'encontre du régime syrien.
Si le sujet fait débat, c'est parce que l'opinion publique ne comprend pas les subtilités qui font que la France intervient au Mali pour en chasser les djihadistes et autres islamistes radicaux et veut intervenir en Syrie pour punir Bachar el Assad et, par voie de conséquence, "rééquilibrer" l'avancée des combattants rebelles qui sont quelque peu en difficulté, et qui sont de plus en plus dominés par ... les islamistes radicaux. Ajoutons à cela une phase critique en politique intérieure: la rentrée sociale et politique, les indices de satisfaction toujours à la peine, l'augmentation des impôts, le chômage toujours croissant, .. tout cela conduit l'opinion a solliciter une énergie nouvelle en faveur des questions domestiques et non des questions diplomatiques et internationales.
Nous avons cité le Mali. L'attitude de la France au cours de la récente intervention militaire dans ce pays relève également d'un droit d'intervention, d'un droit d'ingérence, d'un droit de punir, qu'elle s'est attribué. Ici-même, nous avons suffisamment critiqué cette intervention, pour souligner qu’elle ne se faisait pas dans le cadre défini par l'ONU, qu'elle ne respectait pas les diverses résolutions de cet organisme, que la France intervenait directement et quasi seule dans un premier temps alors qu'elle s'était engagée sur l'inverse exactement et que cette opération Serval se traduisait au final par le maintien sur place d'un fort contingent de militaires français (3000 hommes). Rappelons-nous le vocabulaire. Il convenait de "tuer", "éliminer" les terroristes d'Al Qaïda et autres structures djihadistes. Il fallait intervenir vite, sans attendre, parce que ces "terroristes" étaient aux portes de Bamako ...
Le droit d'ingérence, le droit d'intervention, déjà le droit de punir, argumentaient l'intervention et la présence de la France, tout autant pour sauver le Mali que pour défendre nos intérêts.
A l'exception du fort contingent militaire resté sur place, à l'exception des milliers de réfugié qui ne sont toujours pas rentrés chez eux, à l'exception du problème touareg qui n'est aucunement réglé, à l'exception des conflits persistants dans le nord entre touaregs et arabes, entre noirs et arabes et touaregs, conflits qui font des victimes quotidiennes, à l'exception du retour dénoncé des djihadistes, l'opération Serval se sera plutôt bien passée et pourra être qualifiée de "succès". IBK a été élu à la régulière, son challenger Soumaila Cissé est en mesure, s'il le veut, de représenter une opposition crédible, le capitaine putschiste a été promu général et le président intérimaire a nommé toute une kyrielle de diplomates, de hauts fonctionnaires et grands administrateurs de l'Etat à la veille de son départ. François Hollande pourra assister à l'investiture du nouveau Président le 19 septembre prochain !
Juste une toute petite information ! Que l'on se souvienne que les élections présidentielles maliennes étaient prévues pour avril 2012, auxquelles IBK et Cissé avaient fait acte de candidature. Et que si ces élections n'ont pas eu lieu, c'est parce qu'un capitaine putschiste a pris le pouvoir et a indirectement permis aux "terroristes" de s'approcher de la Capitale.

Aujourd'hui, le même tandem français est à la manœuvre au sujet de la Syrie: Fabius et Le Drian, les Affaires Etrangères et l'Armée. En ce qui concernait le Mali, c'était Fabius qui était à la remorque de Le Drian. Pour la Syrie, c'est l'inverse.
Le résultat est le même. Après de fracassantes déclarations concernant l'impérieuse obligation de punir que la France faisait sienne, les difficultés sont apparues: c''est à reculons qu'Obama se dirige vers une intervention militaire dont il n'a pas du tout envie, la Grande-Bretagne s'y est opposée et le précédent irakien n'en est pas la seule cause, l'Europe, si elle condamne l'utilisation de gaz mortels, ne veut pas d'une intervention, l'Allemagne sans doute encore moins que ses voisins, la Ligue Arabe refuse de s'engager dans un guêpier pareil. La France est seule et toute les rhétoriques autour de la condamnation morale du régime syrien ne changeront rien à l'affaire.
En conformité avec ses choix éditoriaux, "Le Monde" s'est résolument engagé du coté des guerriers. Le "général" Nougayrède a rédigé un exceptionnel (de par sa longueur) éditorial nous expliquant ce qu'il fallait faire, pourquoi il fallait le faire et comment il fallait le faire. Depuis, toute sa rédaction développe les argumentaires présentés et les éléments de langage mis en exergue. Comme il moins facile que pour le Mali de négliger les opposants à la guerre, alors on les présente sous forme d'"opinions" divergentes. Sur Lemonde.fr, à deux reprises déjà, les opposants à la guerre ont été assimilés à l'extrême-droite et aux militants anti-mariage gay. C'est dire jusqu'où peut aller une certaine forme de malhonnêteté intellectuelle: faire passer pour progressistes les tenants de la guerre !

Il faut punir, disent-ils.

Il existe deux sortes de punition.
La première se veut éducative, voire pédagogique. C'est la sanction infligée à l'élève, à l'apprenti, à l'esclave, lorsque celui-ci n'a pas respecté les méthodes et principes de réalisation d'un processus, n'a pas appris une leçon, n'a pas appliqué correctement des consignes. Cette punition est appliquée par un "maître". On peut discuter à l'infini de ses valeurs pédagogiques, mais il est évident, philosophiquement parlant, que le maître et l'élève se "reconnaissent" mutuellement, même si cette reconnaissance peut être hautement conflictuelle. Il n'y aura plus de punition lorsque l'élève ne reconnaîtra plus le maître et s'émancipera.
Dans le cas syrien, est-ce ce type de sanction qui est envisagé ? En ce cas, qui donne à la France, aux Etats-Unis, à l'Occident le mandat de punir et, conjointement, la toge du "maître" ? A l'évidence, personne.

La seconde forme de punition s'apparente davantage au règlement de compte. Elle intervient d'ailleurs souvent après des tentatives infructueuses de la première méthode. Méthode radicale, le règlement de compte vise à éliminer celui qui tente d'échapper, par le bien ou par le mal, par le haut ou par le bas, aux règles imposées par les tenants de l'ordre. Il s'agit, dans notre cas, de l'ordre mondial ou de l'image que veulent diffuser les maîtres de l'ordre mondial. La guerre chimique est une "ligne rouge". Pourquoi ? Pourquoi davantage de répréhension à l'égard du gazage qu'à l'égard du bombardement aveugle ? Peut-on qualifier d'immoral l'emploi de gaz de combat ? L'usage de bombes à fragmentation serait-il plus moral ?
Quoi qu'il en soit, le règlement de compte vise à éliminer celui qui, délibérément, ne respecte pas les règles imposées, celui qui fait un usage personnel, et souvent à son avantage ou bénéfice, des processus et méthodes généralement reconnues. Dans notre cas syrien, le but recherché est d'abord celui d'un "rééquilibrage" en faveur des forces rebelles. Le cas libyen nous rappelle cependant que l'expédition de l'OTAN s'est achevée par l'assassinat, par la France, de Mouammar Khadafi. La question est la même: qui donne à l'Occident, aux Etats-Unis, à la France, mandat pour mettre sur pied un règlement de compte ? A l'évidence, personne !

«Au départ on peut penser qu'on est seuls quand on prend la responsabilité d'agir et de prévenir les autres que nous, parce que nous sommes la France, avons un rôle particulier mais ensuite, il y a un travail de conviction, il se fait». Ainsi s'est exprimé François Hollande le 8 septembre, à Nice, dans le cadre des "Jeux de la Francophonie". Quel rôle particulier est celui de la France ? Quelle idée de la mission de ce pays François Hollande se fait-il ?


Pour négocier en Syrie-(C)Carl Court-Getty Images
La seule autorité susceptible de délivrer un mandat pour une intervention en Syrie (ou ailleurs) est l'ONU. Il n'y en a aucune autre.
L'ONU n'est qu'un "machin" inefficace, lent à se décider, doté d'une incroyable inertie ?
C'est exact ! L'ONU n'a pas 70 ans d'existence et l'ONU n'est que la somme de tous les pays qui la composent. Elle ne peut agir avec efficacité et promptitude que si les pays qui la composent prennent soin d'elles et l'utilisent aussi souvent que possible. L'ensauvagement du monde (cher à Madame Nougayrède), ne se renforce que lorsque les Etats mettent en avant leur prétendu "rôle particulier" et, ce faisant, tuent le multilatéralisme et une future gouvernance mondiale !
Si l'on doit rechercher où se trouve le progressisme, c'est ici qu'on le trouvera !

Si l'on refuse les "punitions", la seule méthode permettant de résoudre les conflits s'appelle la diplomatie. Il n'y en a aucune autre.
La diplomatie n'est que procédures et discussions longues et lentes, ne débouchant sur rien ou pas grand-chose, et pendant ce temps les victimes continuent de s'accumuler ?
C'est sans doute exact ! Sauf que rien ne prouve que les victimes ne seraient pas encore plus nombreuses en cas de dissémination des affrontements si l'on pratique les expéditions punitives et si l'on ajoute la guerre à la guerre. Liban, Iran, Irak, Israël, qui pense à tous ces pays et aux éventuelles conséquences d'un déferlement de violences ?
La diplomatie, c'est déjà remplacer le bruit des armes par la parole. Et ceci sans aucun préalable, d'aucune sorte. Lorsque tirent les armes, elles le font sans préalable. Dans un premier temps, la diplomatie ne doit avoir pour objet que de remplacer les cris des armes par des paroles, des propos, violents s'il le faut, avec des intermédiaires s'il le faut. Il est singulier que de tous nos va-t-en-guerre, il n'en est aucun pour réclamer et aider à mettre en œuvre un cessez-le -feu, de quelques heures, de quelques demi-journées, de quelques jours. La diplomatie, dans sa fonction d'entremetteuse, est devenue gênante et obsolète, alors que la notion même de négociation fait partie de la guerre. L'exemple malien, cette fois-ci, l'illustre bien: la France a décidé de son intervention alors même que des discussions se tenaient à Bamako et au Burkina sous l'égide de l'ONU avec la présence de Romano Prodi, discussions qui ont été sabotées par le Mali fantoche et par la France. Les participants au conflit syrien qui, aujourd'hui encore, se refusent à prendre place autour d'une table (Genève 2, par exemple) doivent y être poussés par leurs propres soutiens. En l’occurrence, la France a l'impérieux devoir de pousser à la table la Coalition Nationale Syrienne (même si elle ne représente pas grand chose) plutôt que de chercher à "rééquilibrer ses positions" (Laurent Fabius)
Ici encore; l'ensauvagement du monde ne se renforce que lorsque les Etats mettent en avant leur prétendu "rôle particulier" et, ce faisant, assassinent le dialogue et la négociation !
Si l'on doit rechercher où se trouve le progressisme, c'est ici qu'on le trouvera !



Peux-t-on ajouter un commentaire plus général ? Le prétendu "rôle particulier" des Etats ne s'exprime pas que dans le domaine guerrier. On le retrouve en matière de commerce, par exemple, dans le cadre de l'OMC où les occidentaux alternent avec mépris les demandes d'allègement des taxes douanières ou l'imposition de nouvelles taxes aux pays émergents et en développement, selon que les fluctuations des marchés les avantagent ou non.

dimanche 17 mars 2013

Gao, je t'aime

Bien que publié, fin 2012, par L'Harmattan dans sa collection "Intelligence stratégique et géostratégique", ce texte n'est pas un essai de plus à propos de la situation politique qui prévalait au Nord-Mali et qui est (peut-être) à l'origine de la situation actuelle.
Non, il s'agit d'un récit dont nous avons d'ailleurs déjà parlé ici, en novembre 2009, longtemps avant qu'il soit publié. Et qui dit récit, dit histoire vraie, histoire inscrite dans la réalité. Jacques Da-Rocha ne raconte pas autre chose qu'une partie de la vie de sa fille Mélanie.
Mélanie est une jeune fille née entre deux voyages, presqu'entre deux valises, son enfance et son adolescence ont été scandées par les déplacements de ses parents: Europe, Maghreb, Proche-Orient ... et voilà qu'à 19 ans, c'est de ses propres ailes qu'elle veut découvrir le monde et choisit pour cela un voyage initiatique en Afrique noire et plus particulièrement au Burkina Faso, en passant par le Sahara Occidental et le Mali.

Gao, je t'aime

Parce que Mélanie se trouve être également une fille sensée, généreuse, ouverte sur le monde et ses habitants, ce voyage se traduira par une insertion profonde au coeur du Nord-Mali, à Gao très exactement. Elle fera tout pour conduire ses études en joignant celles-ci à son nouvel engagement: c'est ainsi que sa maîtrise de géographie sera consacrée à l'étude des populations arabes dans cette région sahélienne. A Gao, elle rencontrera l'amour, vivra quasiment comme une autochtone dans un petit carré en banco, frôlant la misère avant de trouver un emploi dans une ONG italienne.
Le récit raconte d'une façon directe et très linéaire les découvertes successives de Mélanie; le Burkina Faso, le Niger au nord d'Agadez, l'Algérie de Tamanrasset, ainsi que tous les déplacements en équilibre sur la légalité stricte que réalise son ami arabe. L'ensemble nous donne une image honnête et fidèle de cette région et de ses populations qui ont les plus grandes difficultés à vivre, qui sont éloignées de tous les services les plus élémentaires, qui sont ignorées des administrations et qui, de plus, ont à vivre un lourd passé de divisions qui fait que la solidarité inter-ethnique n'est pas évidente.
L'histoire se termine (temporairement ?) en 2012 alors qu'un certain capitaine putschiste renverse le pouvoir à Bamako et que le MNLA, puis les combattants djihadistes, prennent successivement Kidal, Tombouctou, puis Gao. Et Mélanie est contrainte de rentrer en France, un jeune nourrisson dans les bras, alors que son ami reste à Gao. Gao dont les populations fuient vers d'autres contrées où elles auront encore plus de faim et encore moins de sécurité.
Plutôt que de rester sur les analyses toutes identiques que notre presse ressasse à longueur de magazines écrits ou parlés, parce que sévèrement contrôlées par le gouvernement et les armées, il vous faut lire ce petit livre tout simple, parce qu'il vous raconte une autre histoire et ouvre sur d'autres outils de compréhension des évènements.


A noter qu'il existe une version "livre électronique" que vous pouvez acquérir auprès de L'Harmattan.

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