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lundi 9 septembre 2013

Droit d'ingérence et droit de punition

Ce n'est pas l'objet de ce blog. Et donc chacun aura pu constater que nous n'avons fait quasiment aucun commentaire à propos de la crise syrienne. Nous n'avons pas l'envie de modifier notre position et nous limiterons donc notre analyse à une réflexion sur ce fameux droit d'ingérence, prétexte aujourd'hui à un "droit de punition" invoqué à l'encontre du régime syrien.
Si le sujet fait débat, c'est parce que l'opinion publique ne comprend pas les subtilités qui font que la France intervient au Mali pour en chasser les djihadistes et autres islamistes radicaux et veut intervenir en Syrie pour punir Bachar el Assad et, par voie de conséquence, "rééquilibrer" l'avancée des combattants rebelles qui sont quelque peu en difficulté, et qui sont de plus en plus dominés par ... les islamistes radicaux. Ajoutons à cela une phase critique en politique intérieure: la rentrée sociale et politique, les indices de satisfaction toujours à la peine, l'augmentation des impôts, le chômage toujours croissant, .. tout cela conduit l'opinion a solliciter une énergie nouvelle en faveur des questions domestiques et non des questions diplomatiques et internationales.
Nous avons cité le Mali. L'attitude de la France au cours de la récente intervention militaire dans ce pays relève également d'un droit d'intervention, d'un droit d'ingérence, d'un droit de punir, qu'elle s'est attribué. Ici-même, nous avons suffisamment critiqué cette intervention, pour souligner qu’elle ne se faisait pas dans le cadre défini par l'ONU, qu'elle ne respectait pas les diverses résolutions de cet organisme, que la France intervenait directement et quasi seule dans un premier temps alors qu'elle s'était engagée sur l'inverse exactement et que cette opération Serval se traduisait au final par le maintien sur place d'un fort contingent de militaires français (3000 hommes). Rappelons-nous le vocabulaire. Il convenait de "tuer", "éliminer" les terroristes d'Al Qaïda et autres structures djihadistes. Il fallait intervenir vite, sans attendre, parce que ces "terroristes" étaient aux portes de Bamako ...
Le droit d'ingérence, le droit d'intervention, déjà le droit de punir, argumentaient l'intervention et la présence de la France, tout autant pour sauver le Mali que pour défendre nos intérêts.
A l'exception du fort contingent militaire resté sur place, à l'exception des milliers de réfugié qui ne sont toujours pas rentrés chez eux, à l'exception du problème touareg qui n'est aucunement réglé, à l'exception des conflits persistants dans le nord entre touaregs et arabes, entre noirs et arabes et touaregs, conflits qui font des victimes quotidiennes, à l'exception du retour dénoncé des djihadistes, l'opération Serval se sera plutôt bien passée et pourra être qualifiée de "succès". IBK a été élu à la régulière, son challenger Soumaila Cissé est en mesure, s'il le veut, de représenter une opposition crédible, le capitaine putschiste a été promu général et le président intérimaire a nommé toute une kyrielle de diplomates, de hauts fonctionnaires et grands administrateurs de l'Etat à la veille de son départ. François Hollande pourra assister à l'investiture du nouveau Président le 19 septembre prochain !
Juste une toute petite information ! Que l'on se souvienne que les élections présidentielles maliennes étaient prévues pour avril 2012, auxquelles IBK et Cissé avaient fait acte de candidature. Et que si ces élections n'ont pas eu lieu, c'est parce qu'un capitaine putschiste a pris le pouvoir et a indirectement permis aux "terroristes" de s'approcher de la Capitale.

Aujourd'hui, le même tandem français est à la manœuvre au sujet de la Syrie: Fabius et Le Drian, les Affaires Etrangères et l'Armée. En ce qui concernait le Mali, c'était Fabius qui était à la remorque de Le Drian. Pour la Syrie, c'est l'inverse.
Le résultat est le même. Après de fracassantes déclarations concernant l'impérieuse obligation de punir que la France faisait sienne, les difficultés sont apparues: c''est à reculons qu'Obama se dirige vers une intervention militaire dont il n'a pas du tout envie, la Grande-Bretagne s'y est opposée et le précédent irakien n'en est pas la seule cause, l'Europe, si elle condamne l'utilisation de gaz mortels, ne veut pas d'une intervention, l'Allemagne sans doute encore moins que ses voisins, la Ligue Arabe refuse de s'engager dans un guêpier pareil. La France est seule et toute les rhétoriques autour de la condamnation morale du régime syrien ne changeront rien à l'affaire.
En conformité avec ses choix éditoriaux, "Le Monde" s'est résolument engagé du coté des guerriers. Le "général" Nougayrède a rédigé un exceptionnel (de par sa longueur) éditorial nous expliquant ce qu'il fallait faire, pourquoi il fallait le faire et comment il fallait le faire. Depuis, toute sa rédaction développe les argumentaires présentés et les éléments de langage mis en exergue. Comme il moins facile que pour le Mali de négliger les opposants à la guerre, alors on les présente sous forme d'"opinions" divergentes. Sur Lemonde.fr, à deux reprises déjà, les opposants à la guerre ont été assimilés à l'extrême-droite et aux militants anti-mariage gay. C'est dire jusqu'où peut aller une certaine forme de malhonnêteté intellectuelle: faire passer pour progressistes les tenants de la guerre !

Il faut punir, disent-ils.

Il existe deux sortes de punition.
La première se veut éducative, voire pédagogique. C'est la sanction infligée à l'élève, à l'apprenti, à l'esclave, lorsque celui-ci n'a pas respecté les méthodes et principes de réalisation d'un processus, n'a pas appris une leçon, n'a pas appliqué correctement des consignes. Cette punition est appliquée par un "maître". On peut discuter à l'infini de ses valeurs pédagogiques, mais il est évident, philosophiquement parlant, que le maître et l'élève se "reconnaissent" mutuellement, même si cette reconnaissance peut être hautement conflictuelle. Il n'y aura plus de punition lorsque l'élève ne reconnaîtra plus le maître et s'émancipera.
Dans le cas syrien, est-ce ce type de sanction qui est envisagé ? En ce cas, qui donne à la France, aux Etats-Unis, à l'Occident le mandat de punir et, conjointement, la toge du "maître" ? A l'évidence, personne.

La seconde forme de punition s'apparente davantage au règlement de compte. Elle intervient d'ailleurs souvent après des tentatives infructueuses de la première méthode. Méthode radicale, le règlement de compte vise à éliminer celui qui tente d'échapper, par le bien ou par le mal, par le haut ou par le bas, aux règles imposées par les tenants de l'ordre. Il s'agit, dans notre cas, de l'ordre mondial ou de l'image que veulent diffuser les maîtres de l'ordre mondial. La guerre chimique est une "ligne rouge". Pourquoi ? Pourquoi davantage de répréhension à l'égard du gazage qu'à l'égard du bombardement aveugle ? Peut-on qualifier d'immoral l'emploi de gaz de combat ? L'usage de bombes à fragmentation serait-il plus moral ?
Quoi qu'il en soit, le règlement de compte vise à éliminer celui qui, délibérément, ne respecte pas les règles imposées, celui qui fait un usage personnel, et souvent à son avantage ou bénéfice, des processus et méthodes généralement reconnues. Dans notre cas syrien, le but recherché est d'abord celui d'un "rééquilibrage" en faveur des forces rebelles. Le cas libyen nous rappelle cependant que l'expédition de l'OTAN s'est achevée par l'assassinat, par la France, de Mouammar Khadafi. La question est la même: qui donne à l'Occident, aux Etats-Unis, à la France, mandat pour mettre sur pied un règlement de compte ? A l'évidence, personne !

«Au départ on peut penser qu'on est seuls quand on prend la responsabilité d'agir et de prévenir les autres que nous, parce que nous sommes la France, avons un rôle particulier mais ensuite, il y a un travail de conviction, il se fait». Ainsi s'est exprimé François Hollande le 8 septembre, à Nice, dans le cadre des "Jeux de la Francophonie". Quel rôle particulier est celui de la France ? Quelle idée de la mission de ce pays François Hollande se fait-il ?


Pour négocier en Syrie-(C)Carl Court-Getty Images
La seule autorité susceptible de délivrer un mandat pour une intervention en Syrie (ou ailleurs) est l'ONU. Il n'y en a aucune autre.
L'ONU n'est qu'un "machin" inefficace, lent à se décider, doté d'une incroyable inertie ?
C'est exact ! L'ONU n'a pas 70 ans d'existence et l'ONU n'est que la somme de tous les pays qui la composent. Elle ne peut agir avec efficacité et promptitude que si les pays qui la composent prennent soin d'elles et l'utilisent aussi souvent que possible. L'ensauvagement du monde (cher à Madame Nougayrède), ne se renforce que lorsque les Etats mettent en avant leur prétendu "rôle particulier" et, ce faisant, tuent le multilatéralisme et une future gouvernance mondiale !
Si l'on doit rechercher où se trouve le progressisme, c'est ici qu'on le trouvera !

Si l'on refuse les "punitions", la seule méthode permettant de résoudre les conflits s'appelle la diplomatie. Il n'y en a aucune autre.
La diplomatie n'est que procédures et discussions longues et lentes, ne débouchant sur rien ou pas grand-chose, et pendant ce temps les victimes continuent de s'accumuler ?
C'est sans doute exact ! Sauf que rien ne prouve que les victimes ne seraient pas encore plus nombreuses en cas de dissémination des affrontements si l'on pratique les expéditions punitives et si l'on ajoute la guerre à la guerre. Liban, Iran, Irak, Israël, qui pense à tous ces pays et aux éventuelles conséquences d'un déferlement de violences ?
La diplomatie, c'est déjà remplacer le bruit des armes par la parole. Et ceci sans aucun préalable, d'aucune sorte. Lorsque tirent les armes, elles le font sans préalable. Dans un premier temps, la diplomatie ne doit avoir pour objet que de remplacer les cris des armes par des paroles, des propos, violents s'il le faut, avec des intermédiaires s'il le faut. Il est singulier que de tous nos va-t-en-guerre, il n'en est aucun pour réclamer et aider à mettre en œuvre un cessez-le -feu, de quelques heures, de quelques demi-journées, de quelques jours. La diplomatie, dans sa fonction d'entremetteuse, est devenue gênante et obsolète, alors que la notion même de négociation fait partie de la guerre. L'exemple malien, cette fois-ci, l'illustre bien: la France a décidé de son intervention alors même que des discussions se tenaient à Bamako et au Burkina sous l'égide de l'ONU avec la présence de Romano Prodi, discussions qui ont été sabotées par le Mali fantoche et par la France. Les participants au conflit syrien qui, aujourd'hui encore, se refusent à prendre place autour d'une table (Genève 2, par exemple) doivent y être poussés par leurs propres soutiens. En l’occurrence, la France a l'impérieux devoir de pousser à la table la Coalition Nationale Syrienne (même si elle ne représente pas grand chose) plutôt que de chercher à "rééquilibrer ses positions" (Laurent Fabius)
Ici encore; l'ensauvagement du monde ne se renforce que lorsque les Etats mettent en avant leur prétendu "rôle particulier" et, ce faisant, assassinent le dialogue et la négociation !
Si l'on doit rechercher où se trouve le progressisme, c'est ici qu'on le trouvera !



Peux-t-on ajouter un commentaire plus général ? Le prétendu "rôle particulier" des Etats ne s'exprime pas que dans le domaine guerrier. On le retrouve en matière de commerce, par exemple, dans le cadre de l'OMC où les occidentaux alternent avec mépris les demandes d'allègement des taxes douanières ou l'imposition de nouvelles taxes aux pays émergents et en développement, selon que les fluctuations des marchés les avantagent ou non.

lundi 22 avril 2013

Mali: le Parlement français se livre à une formalité

En avez-vous entendu parler dans la presse ? Ou à la télévision ? Non, bien sur ! Et pourtant le Parlement français est saisi demain 22 avril 2013 pour débattre de la prolongation ou non de la présence française au Mali. Ce débat est rendu obligatoire par la Constitution (Art. 35) qui stipule que si une intervention peut être décidée par le Chef des Armées (le Président de la République), elle ne peut être poursuivie plus de quatre mois sans débat et autorisation parlementaires.
Faites un test : rechercher trace de l’annonce de ce débat sur Google, vous ne la trouverez pas. Il vous faudra atteindre un lien avec la presse malienne et notamment l'agence Maliweb pour avoir confirmation du fait.
Comme pour d'autres débats, il s'agit de faire vite, de ne pas s'attarder, bref de ne pas trop réfléchir et de profiter de l'inertie et de la douce soumission de la population française et de ses médias pour entériner une guerre et une occupation du pays malien. La Commission des Affaires Etrangères et de la Défense du Sénat s'est déjà prononcée en faveur de la prolongation de l'intervention, mardi 16, et le résultat du débat ne fait l'ombre d'un doute pour personne.

Dans tous nos précédents posts consacrés à l'intervention malienne ,nous avions souligné les risques inhérents à cette attitude guerrière et solitaire (solitaire parce que tous les moyens de négociation et de débat avaient été volontairement rejetés, aussi bien avec l'adversaire, qu'avec les pays de la région, qu'avec l'Europe).

Tout d’abord, le risque humain et sociétal, sanitaire et humanitaire. Ce sont des centaines de milliers de Maliens qui ont quitté leur pays pour échapper aux violences des islamistes et qui ne sont pas revenus depuis le début de l'intervention. Bien au contraire, les migrations se poursuivent pour la simple raison que la situation n'est en rien stabilisée et que les populations redoutent les nouvelles violences des militaires maliens, ou de nouveaux affrontements entre touaregs et africains noirs. En moins d'un an, de avril 2012 à février 2013, le nombre de réfugiés et déplacés maliens est passé de 268 000 à 457 000 (sources HCR), lesquels se répartissent en Mauritanie, au Niger et au Burkina Faso, ainsi que dans les autres régions du pays, Bamako principalement. Nul besoin de vous raconter ce que sont les camps de réfugiés, mais si vous en avez l'envie, allez faire un tour sur les pages du HCR.

HCR (C)

Les réfugiés, les déplacés, ce sont autant de familles qui ont tout abandonné, qui ont tout perdu et qui ne retrouveront jamais le peu qu'elles possédaient auparavant, mais qui leur permettait de vivre et de s'insérer dans la société. La destruction de ce tissu sociétal rend caduque et mensonger tout discours sur le développement futur de la région, un discours déjà bien difficile à croire pour lui-même.

Ensuite, le risque ethnique. Certains esprits forts affirment que ce n'est pas là l'une des dimensions du conflit qui agite la région depuis longtemps. Oh, que si ! Les troupes françaises ne sont pas encore parties parce que cet aspect de la question malienne n'est absolument pas solutionné à l'heure actuelle. Pour mémoire, aucun soldat malien n'opère à Kidal. Pourquoi ? Pour mémoire, seuls les tchadiens interviennent dans cette région et ils parlent de se retirer du Mali. Quant à la ville, sécurité et fonctionnement quotidiens y sont assurés par les touaregs du MNLA. Il y a de la scission dans l'air ! Une scission que jamais les Maliens ne sauraient accepter. Une scission lourde de dangers, très lourde.

Enfin, un risque politique. Nous ne parlons pas de chez nous, en France, pays où le débat tourne autour du mariage pour tous, ou du patrimoine des ministres, mais bien du Mali.
Le débat démocratique dans ce pays devient de plus en plus contrarié, les journalistes en savent quelque chose. Outre le cas de Boukary Daou, qui a été emprisonné par les Services de Renseignement maliens (délibéré le 23 avril), Reporters Sans Frontières a souligné que les cas de violences ou d'intimidations auprès des journalistes ont augmenté au point que le Mali est passé de la 25° place à la 99° dans son classement relatif à la Liberté de la presse.
Tout dernièrement , Malijet a annoncé que « Coulibaly et Fabius ont frôlé l'incident diplomatique », mais le lien a très rapidement été supprimé. Pour expliquer l'histoire, il semble que le Ministre des Affaires Etrangères (Coulibaly) n'ait pas du tout apprécié d'être exclu d'un tête à tête entre Fabius et Diaconda Traoré, le Président en intérim.
Autre exemple de la décomposition politique, un exemple qui nous ramène au conflit avec les touaregs du MNLA. Ceux-ci ont appuyé, selon leurs dires, la nomination d'un Gouverneur de la région de Kidal ; Mohamed Ali Ag Albassaty . Qui l'a désigné ? Nul ne le sait bien, puisque le Ministre de la Communication du Mali considère qu'il s'agit là d'un non-évènement puisque un gouverneur doit être désigné par le Conseil des Ministres, ce qui ne semble pas être le cas : " Kidal fait parti du Mali. Ceux qui se donnent le droit de nommer un gouverneur sont incompétents pour le faire " . Un autre fait ? Aminata Traoré, dont on a déjà beaucoup parlé ici, et Oumar Mariko, un militant anti-capitaliste d'ultra-gauche, se sont vus interdire de visa, par la France, pour venir en Europe, en particulier en Allemagne, afin de présenter leurs points de vue sur l'avenir du Mali dans le cadre d'un débat organisé par le journal Prokla et la Fondation Rosa Luxembourg.

Cette décomposition politique du Mali est donc alimentée depuis la France, une preuve en est le discours de François Hollande, le 28 mars , sur France2, lorsqu'il a sommé le Mali de mettre en place des élections présidentielles (à minima) avant juillet, déclarant qu'il serait « intraitable » sur la question. Avons-nous déjà entendu le Président français exprimer avec une telle véhémence son souci de voir l'Italie, par exemple, se sortir d'une situation politique ubuesque ? Non, il n'est pas admis de se comporter avec l'Italie, par exemple, comme l'on peut se comporter avec le Mali, pays que l'on vient de visiter de sud en nord. La France a un vital besoin d'élections afin de « légaliser » au plus vite sa position, et peu importe que le pays soit aussi divisé, voire davantage qu'avant l'intervention, peu importe si les populations sont déplacées en plus grand nombre qu'avant l'intervention, les arguments qui prévalaient en décembre 2012 pour ne pas faire d'élection n'ont plus cours en mai 2013.

Un dernier risque était celui des otages. La libération de la famille retenue au Nigéria ne saurait les faire oublier. Mais où sont-ils ?

Oui, le débat que les honorables parlementaires (députés et sénateurs) vont conduire ce 22 avril est bien loin de la réalité : « une simple formalité ».

jeudi 24 janvier 2013

Guerre au Mali: la parole de ceux qui sont contre

Hier soir, 23 janvier, après moins de deux semaines de conflit, France 2 fait l'impasse totale sur la guerre au Mali. Il n'y a déjà plus rien à en dire.
Aux dires des sondagiers, ce sont 75% des Français qui approuvent l'intervention. Pour ce qui concerne le gouvernement et ses services de la défense, des affaires étrangères, du budget ou de la communication, c'est "pain béni" et "pourvu que ça dure". Pour ce qui concerne les médias, c'est exactement la même chose, l'audience et/ou le lectorat sont là, ce n'est pas le moment de les déranger. Donc suivisme et servilité ! C'est le cas de toute la presse, hebdomadaire ou quotidienne, du "Figaro" à "La Croix", en passant par "Le Monde" et "Libération", C’est le cas également de toutes les radios et télés.
L'opposition à ce conflit (celle de 25% de Français) est caricaturée et réduite à la prise de position du Front de Gauche et aux déclarations de Villepin ou de Giscard d'Estaing, cette dernière bien malvenue.
Par contre cette presse n'hésite pas à souligner l'opposition de Mohamed Morsi, Président égyptien, aux affrontements du Mali: il est tellement facile de faire d'une pierre deux coups, conforter le discours officiel et rejeter davantage encore Morsi parmi les islamistes !

Au motif d'expliquer un peu ce qui se passe, tous nous refilent des petites accommodations avec la vérité et de grands mensonges.
Les petites accommodations vont se nicher dans les cartes géopolitiques qui, insidieusement, vous placent Diabali bien plus proche de Ségou qu'il n'est réellement (il faut faire croire que le danger était réel), dans les chronologies qui vous annoncent que Mopti a été conquise par les islamistes avant l'intervention française (même raison), dans les reportages qui précisent que les adversaires étaient au nombre de 400 dans Diabali, alors qu'ils n'étaient que quelques dizaines (il faut donner du corps aux combats) ou encore dans les débats qui sont à sens unique, seuls les partisans de la guerre ayant la possibilité de s'exprimer au travers de quelques nuances.
Quant aux grands mensonges, ce sont les mêmes dans la bouche des officiels, dans celle des journalistes ou dans celle des commentateurs. Ils sont au nombre de quatre, ces grands mensonges. Un récent "point de vue" de Jean-François Bayart (Directeur de Recherche au CNRS) dans "Le Monde" du 23 janvier les résume très bien.

Le premier mensonge fait référence aux négociations prévues par la résolution 2071 de l'ONU, laquelle exhortait les autorités du Mali, les rebelles, les pays voisins et les partenaires bilatéraux à se retrouver pour engager un processus politique viable. On nous dit que ces négociations ont échoué. C'est faux, elles ont été sabotées par les "autorités maliennes" qui ne voulaient pas en entendre parler, par l'Europe et la France qui se sont abstenues d'y prendre part alors qu'elles y étaient invitées au travers des "partenaires bilatéraux".
Le second mensonge porte sur l'appel à l'aide du Mali, dont Monsieur Bayart nous dit qu'il s'agit de l'appel à l'aide "explicite de son homologue malien". Or, cet "homologue" n'est investi d'aucune représentativité, ni d'aucune légitimité. Il n'est que le jouet d'un capitaine putschiste qui peut le remplacer demain matin s'il le veut. Convaincu de ne pouvoir obtenir aucune légitimité, ils ont tout fait (le capitaine et le président) pour éloigner l'idée d'un nouveau scrutin présidentiel au motif que Nord et Sud n'étaient pas réunis. C'est faire vraiment peu d'honneur à notre Président Hollande que de classer la marionnette malienne au rang de ses "homologues".
Le troisième mensonge concerne la résolution 2085 dont on a déjà parlé et qui n'autorise le déploiement d'une force que sous conduite africaine.
Le quatrième mensonge ressemble beaucoup à la fable des "Armes de dissuasion massive". Dans le cas présent, il s'agit du danger immédiat couru par la capitale Bamako et les milliers d'expatriés français devant l'avancée inexorable des islamistes. De ce quatrième mensonge, on a également déjà parlé.

Donc, tout le monde ou presque est pour la guerre !
Et les commentateurs de se répandre sur l'après-conflit en nous affirmant que tout restera à faire, que la guerre ne solutionnera pas grand-chose et qu'une nouvelle politique d'aide au développement sera nécessaire. Nous reprenons là les termes exacts de Jean-François Bayart. Et nous disons que c'est vraiment se foutre de la gueule du monde, parce que c'est exactement ce qu'il aurait fallu faire AVANT, afin d'empêcher les djihadistes de prendre racine et de se développer.
Au passage, son article nous refile des tableaux pour lesquels personne ne prend la peine de convertir des dollars et des francs CFA en une même monnaie, l'euro par exemple, pour que le lecteur comprenne.
Le tableau représentant l'Aide Publique au Développement en faveur du Mali couvre la totalité de l'Aide française, européenne, US et s'élève à 815, 4 millions d'euros en 2010. Quant au tableau représentant les transferts de fonds des travailleurs maliens en France, il indique un montant de 288,1 millions d'euros en 2010 (soit 4% du PIB), à comparer aux 96 millions d'euros de l'Aide Française au Développement. Au passage, rappelons à l'auteur de cette tribune que Nicolas Sarkozy n'a jamais contribué à l'affaiblissement de l'autorité du Président ATT en exigeant de lui la signature d'un accord de réadmission des migrants clandestins. Amadou Toumani Touré a toujours, avec fermeté, refusé de signer cet accord et la majorité de son peuple lui en a été reconnaissante.

Faut-il redire encore ce que l'on aurait pu faire AVANT ?
Prendre en considération les populations multiples de cette région du Nord-Mali, arabes comme touarègues ou noires africaines, leur proposer des axes de développement, les associer à la gestion politique de la zone, y développer une démocratie de dialogue, leur parler des futures ressources en pétrole, voire en uranium comme un peu les leurs, ...
Qui pouvait le faire mieux que la France, avec l'Europe ?

Cela n'a pas été fait. Nul doute qu'on le fera APRES ....


Nous avons ici beaucoup parlé des risques que comporte cette aventure militaire. Après les revanches et exécutions sommaires, voici venir le temps des camps de réfugiés: le nord du Burkina Faso est déjà bien déséquilibré par les milliers de réfugiés qui fuient les zones de combat ou de futur combat.
A lire un très intéressant reportage de Sophie Arutunian et Cécile Bourgneuf sur un camp du Burkina, publié sur Médiapart. Merci pour l'emprunt de la photo la plus "neutre". Allez voir les autres !

Réfugiés maliens au camp de Mentao-Burkina (C)Croix-Rouge de Monaco
D'autres questions se posent et mériteront quelques explications un jour ou l'autre.
- Quelle est la situation réelle des otages français ? Comment peut-on affirmer qu'ils sont vivants ? Où sont-ils détenus ? Pourquoi leurs ravisseurs n'en parlent-ils plus, alors qu'ils devaient servir de monnaie d'échange ou de chantage ?
- Au sujet du "discours" de l'adversaire, comment se fait-il que les médias le considèrent comme inexistant ? Les djihadistes sont-ils muets ? Où et comment s'expriment leurs meneurs ? Que disent-ils ?


Une compréhension globale de notre point de vue exige la lecture de l'ensemble des posts publiés avec le tag "Mali".

dimanche 13 janvier 2013

Juste un point de vue publié par Slate Afrique

Depuis des mois, on les décrit comme de nouveaux tigres du désert, invincibles et assoiffés de sang.

Ils font tout pour mériter cette réputation, coupant des mains et des pieds, imposant la charia, détruisant des mausolées centenaires classés au patrimoine mondial de l’humanité.
Mais les islamistes qui ont pris le contrôle du Nord-Mali sont-ils aussi puissants qu’ils l’affirment et en avançant jusqu’aux portes de Mopti, n’ont-ils pas surestimé leurs forces?
Des intérêts occultes
Les Touareg qui constituent le gros des troupes rebelles, n’ont jamais été réputés pour leur virulence dans la pratique de la religion musulmane.
Le phénomène de leur radicalisation est nouveau. Il est lié à l’arrivée d’un flot de dollars venu d’Arabie Saoudite et du Qatar qui a permis d’acheter des consciences, mais aussi des combattants, ceux du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), longtemps encouragés par la France dans leur revendication autonomiste.
La chute de Kadhafi a aussi libéré d’autres combattants touaregs qui ont fui la Libye avec parfois des armements sophistiqués comme des missiles sol-air.
Le renversement d’Amadou Toumani Touré a enfin ouvert de nouveaux horizons aux rebelles. C’est la conjonction de tous ces événements qui a permis la progression spectaculaire de la rébellion.
On a du mal à croire qu’ils sont tous fortuits et que certains services secrets n’aient pas agi dans l’ombre.
«Plus il y a de bordel dans un pays, plus on fait de bonnes affaires», c’est la devise des marchands d’armes. C’est aussi celle d’intérêts occultes qui agissent en Afrique.
Or cette région du Sahel, traditionnellement sous influence de la France, l’ancienne puissance coloniale, est l’un des derniers far-west de la planète au sous-sol quasiment inexploré.
«Plus islamiste, tu meurs»
Pour garder le contrôle du mouvement, c’est la fuite en avant sur le thème de «plus islamiste que moi, tu meurs». Ce thème, qui a l’avantage d’être porteur et rémunérateur en fonds wahabites, masque en fait une lutte de pouvoir entre les grandes familles touaregs.
Si les troupes d’Ansar Dine, qui n’est pas le plus virulent des groupes islamistes armés dominant le nord du Mali, réunissent une colonne de pick-up de 1.200 hommes pour atteindre les portes de Mopti (640 km au nord de Bamako), proclamant leur intention d’imposer la charia, c’est d’abord pour faire une démonstration de force aux mouvements concurrents, les narco-islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et les djihadistes d'al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).
De même, la destruction de tombeaux de saints musulmans à Tombouctou est avant tout destinée à impressionner les dynasties touaregs dont sont issus ces saints.
Une menace exagérée
On prétend, sans apporter aucune preuve, que la rébellion du Nord-Mali a reçu le renfort de milliers de soldats perdus du djihad. On affirme que des camps d’entraînement d’al Qaida pourrait s’implanter dans cette zone de non-droit et menacer l’Occident.
On soutient qu’une armée intervenant dans ce terrain hostile courrait, à coup sûr, à sa perte. Qui a intérêt à noircir le tableau, à faire durer la crise, à entretenir la confusion, et à faire croire que la rébellion islamiste est une invincible armada?
On a vu dans un passé récent et dans des pays voisins, des colonnes de pick-up rebelles anéanties en quelques heures par des attaques aériennes. On a assisté, sous d’autres cieux, à des opérations de forces spéciales visant à déstabiliser les assaillants et à introduire l’insécurité dans leur camp.
Rien de tout cela au Nord-Mali, mais une mobilisation mondiale allant de l'ONU à la Cédéao, en passant par l’OTAN dont l’intervention est désormais réclamée par le président en exercice de l’Union africaine, le béninois Boni Yayi.
Totalement inefficace, comme n’ont pas manqué de la remarquer les islamistes. Comme si on voulait écraser une mouche avec un marteau.
Quel est le jeu des Américains?
Depuis 2008, les Etats-Unis ont créé Africom, un commandement unifié de leurs activités militaires et stratégiques sur le terrain africain. Il a pour mission de mener la guerre contre le terrorisme, comme en Somalie, de sécuriser les approvisionnements pétroliers en provenance notamment du Golfe de Guinée et de contrecarrer la montée en puissance de la Chine sur le continent noir.
Dans la crise malienne, les Américains ont toujours privilégié la négociation avec les factions rebelles qu’ils jugeaient récupérables et sur lesquelles ils exerçaient un certain contrôle.
Ce n’est pas le cas du Mujao qui vient d’être inscrit sur la liste noire des organisations terroristes par le département d’Etat. Sur le terrain, les Américains sont certainement les mieux armés pour indiquer la sortie de crise dans cette zone d’influence française.
Par exemple, avec leurs drones d’observation et d’attaque. Ils en possèdent près d’un millier alors que la France entretient un parc de quatre appareils en bout de course.
Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, a inscrit au budget 2013 la commande de plusieurs de ces engins. La marge de manœuvre de la France est réduite à cause de ses otages détenus par AQMI. En montant en première ligne, elle risquerait de mettre leur vie en danger. Les islamistes le savent et croient pouvoir avancer en toute impunité. François Hollande est placé devant un terrible dilemme.
Comment en sortir?
Par la négociation mais peut-on négocier dans la situation actuelle quand les islamistes se croient tout permis. Avant d’engager des palabres, il faut les faire redescendre sur terre, en montrant sa force. Et ensuite accorder aux Touaregs, qui sont pourchassés dans de nombreux pays, une terre où il pourrait vivre en toute autonomie.
A condition qu’ils abandonnent ce combat islamiste qui, de tout temps, leur a été étranger, et qu’ils ont rejoint pour des motifs alimentaires. En sortir, ce n’est pas «former» l’armée malienne comme le recommande paternellement la France, mais redonner à ces soldats laissés-pour-compte par des généraux corrompus, la fierté et les moyens de se battre pour leur pays.
En sortir, ce n’est sûrement pas introduire sur le théâtre malien les troupes de la Cédéao, qui, dans toutes les crises régionales où elles sont intervenues, ont joué le rôle d’aggrave-affaires.
En sortir, c’est enfin couper les sources d’approvisionnement des islamistes et fixer des limites à leurs parrains wahhabites, qui poursuivent leur rêve expansionniste de Grand Moyen Orient.

Philippe Duval



Ce texte a été écrit le jour de l'intervention française, alors que celle-ci n'était pas encore connue ! Pour info, Romano Prodi, émissaire spécial de l'Onu, était à Bamako le jeudi 10 janvier et prônait encore des pourparlers de paix. Mais qui pouvait-il convaincre puisque les "autorités" fantoches de Bamako parlaient de le récuser au motif qu'il avait le soutien de l'Algérie et du MNLA ?
Quant à la France, et François Hollande surtout, elle avait déjà décidé d'agir en s'appuyant sur la fiction des terroristes qui menaçaient Bamako ! La méthode est connue, d'autres ont fait la guerre afin d'aller neutraliser des "armes de destruction massive" ...

Romano Prodi (C)AFP-Getty Images

vendredi 11 janvier 2013

Guerre au Nord-Mali, une décision grave

Ainsi donc, depuis ce vendredi 11 janvier 2013, la France est engagée dans un nouveau conflit. Un conflit visant à chasser des islamistes terroristes d'un territoire longtemps considéré comme "chasse gardée" de la France. Il n'est pas possible de passer sous silence cette dimension du problème, puisque dans le même temps, la France se retire d'Afghanistan où elle se trouvait pour en chasser les islamistes terroristes ! Alors, pourquoi deux poids et deux mesures ?

Cette question n'est pas la seule à devoir être posée. Notamment "Pourquoi cette précipitation ?" La montée en température a été soigneusement orchestrée comme en chaque occasion depuis le début de ce conflit, et chaque clan a consciencieusement joué sa partition. Les uns paradant en laissant photographier des rangées de pick-up, les autres en dénonçant une marche en avant de milliers de rebelles se dirigeant vers Bamako.

Lorsque la semaine dernière Ansar Eddine a déclaré publiquement qu'il renonçait à la trêve et qu'il reprenait ses actions, il était clair que les prétendues négociations n'auraient jamais lieu, tout simplement parce que personne ne les souhaite. Ou parce que personne n'est à même de représenter de façon qualifiée qui que ce soit. Il n'y a pas d'Etat au Mali ! Et justement parce qu'il n'y a pas d'Etat, l'intervention de la France est immorale ! Et dangereuse !

Ne parlons pas de la vie des otages qui, d'ores et déjà, est compromise. Mais parlons de la démocratie qui disparaît pour longtemps des tribunes maliennes ! Parlons du risque phénoménal de division entre le nord et le sud, même et surtout après une campagne militaire ! Parlons du risque de débordements raciaux entre noirs et arabes, entre noirs et touaregs ! Parlons des séquelles que ne manquera pas de laisser derrière lui cet interventionnisme ! Et enfin, dernier mais pas le moindre, parlons du risque de catastrophe sanitaire et humanitaire lié au déplacement forcé de centaines de milliers de personnes, en Mali du Sud, en Mauritanie, au Niger, au Burkina Faso ...

Notre propos n'est pas de trouver la moindre excuse aux islamistes terroristes, puisque tel est désormais leur nom. Il est d'affirmer que la France est fautive de s'embarquer dans ce conflit alors qu'elle n'en a pas le mandat explicite de l'ONU, qu'elle a toujours affirmé haut et fort qu'elle n'interviendrait pas directement et qu'elle n'a fait strictement aucun geste, aucun effort en faveur de négociations.

Nous regrettons ici de nous retrouver sur cette position qu'avec le seul PC et Parti de Gauche. Nous regrettons qu'une fois encore les partis "classiques" ne sachent pas régler les graves problèmes de notre monde autrement qu'avec la force et l'armée. Nous regrettons ... nous sommes en colère !

Voici un extrait d'éditorial publié à Alger voici quelques jours, le 26 décembre exactement, par le quotidien L'expression:

"comment peut-on concevoir une intervention militaire étrangère au Mali sans avoir restauré l'Etat?
Sans avoir réunifié les Maliens? Les partisans de la solution militaire jurent que la force africaine sera déployée pour aider l'armée malienne. L'Occident jure qu'il n'enverra pas de troupes à terre mais se contentera d'une aide logistique. Dans quel Etat se trouve l'armée malienne pour accueillir la force africaine et la logistique occidentale? Alors que le bons sens et la démocratie commandent à remettre en place les institutions maliennes, rallier tous les Maliens, y compris ceux qui sont au Nord, pour combattre les mercenaires étrangers regroupés sous divers sigles d'organisations terroristes et qui veulent imposer leur loi à la population.
On ne combat pas des terroristes avec les moyens classiques d'une armée. Notre naïveté nous fait croire que couper les terroristes de la population civile qui aidera l'armée par le renseignement est une condition sine qua non dans le règlement de la crise qui secoue le Mali. Le Mnla et Ansar Eddine représentent précisément cette population civile du Nord. Avec leur concours, le sort des terroristes est scellé. Dans le cas contraire, les forces de la Cédéao vont vers une défaite certaine contre un ennemi invisible et très mobile dans l'immensité du désert. Que se passera-t-il alors? Et c'est là que les va-t-en guerre veulent arriver. C'est sur une telle situation qu'ils appuieront la nécessité d'une intervention militaire directe des troupes occidentales. Pour parvenir à la «sahélisation» programmée. C'est-à-dire délocaliser le terrorisme international de l'Afghanistan au Sahel."


Le reste du billet faisait référence à la Syrie et nous l'avons retiré de la citation.

Mais cet extrait nous ramène à des interrogations déjà émises: "pour quelles raisons ?", "Pourquoi cet acharnement à vouloir intervenir et à tordre les évènements pour mieux le faire ?"

Pas de photo pour illustrer cet article: la guerre ne le mérite pas.

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